ACTUALITE DU 4 Octobre 2006 : la derniere ligne droite.

   

Autres articles : "Portraits." , "Frontiere impossible !" , "Les echos." (cliquez sur l'article voulu).

   

Le raid fonce vers son destin ; rien ne peut plus nous arrêter, pas même ces trombes d’eau qui se déversent sur Vilnius ;

 

c’est l’une des vertus de cette aventure ; nous ne doutons de rien, nous ne rechignons pas. Mieux, nous nous complaisons dans la difficulté ; sans doute le fameux dépassement de soi-même que beaucoup sont venus chercher, notre petit Graal à nous…

 

Sous la pluie battante, et au beau milieu du périphérique, (photo : 1) le groupe récite sa partition ; il faut nous voir changer de file et éviter les pièges du bitume dans une parfaite harmonie. Lionel donne le tempo, nous suivons sa roue, notre confiance est aveugle, nous vivons des moments que seul le raid peut nous offrir ; débouler ainsi au cœur de Vilnius a quelque chose de vraiment surréaliste.


 

Dans le Mc Do du centre ville, nous ne pouvions rêver arrivée plus épique ; évidemment, nous n’avions rien programmé, mais nous voir ainsi dégoulinants a forcément marqué les esprits… Lessivés mais pas essorés, nous honorons notre 7e conférence de presse ; aucun de tous ces rendez-vous avec les journalistes n’a ressemblé à un autre ; le discours est bien rôdé, mais à chaque fois une grand part est laissée à l’improvisation ; ce qui nous importe, c’est que le message passe ; pour Lionel, il faut donner le meilleur de soi-même pour les autres ; pour François, (photo : 1) il ne faut pas oublier les enfants de Tchernobyl. Au total, quatre-vingt journalistes nous ont écoutés (photo : 1) ; nous en sommes fiers…

 

Il n’y a jamais de hasard…Quel signe doit on y voir ? Randy est américain, il est président de l’association Ecologia ; de son Vermont natal, il coordonne plusieurs actions caritatives en faveur des enfants de Tchernobyl, ce qui l’a amené à rencontrer le professeur Nesterenko (le directeur de l’institut Belrad que nous soutenons) ; à Vilnius, Randy a lu « pectine de pomme » sur nos véhicules ; il a tout de suite voulu nous aider  Nous nous sommes promis de nous revoir. Décidément, ce monde est formidable, n’en déplaise aux esprits chagrins…
Drôle d’endroit pour un bivouac ; nous dressons le campement à quelques kilomètres de l’aéroport de Vilnius car nous devons récupérer quelques journalistes français.

 

Un grand classique : nous installons les tentes à la lumière des phares ; un pré aux allures de champ de patates fera l’affaire et tant pis pour notre dos ; on est raider ou on ne l’est pas…
Grande première : l’installation de notre tonnelle, la fierté de nos intendants ; il y a urgence car l’orage gronde. Vingt-deux personnes agglutinées autour de quelques assiettes (photo : 1), pour un peu on se croirait dans un carré VIP… Sauf que là, il n’y a ni petits fours, ni tapis rouge, mais une bonne soupe de légumes bien chaude et un beau gâteau d’anniversaire (photo : 1)… Le vent a soufflé fort, la pluie a balayé notre abri, mais la soirée s’est prolongée, tard. Dans la nuit profonde, nous avons chanté. Je me souviendrai longtemps de mes 44 ans.

 

Entre excitation et appréhension, notre dernière ligne droite nous attend…


Mais avant l’arrivée à Minsk, il faut bien négocier le passage de la frontière. Visas, accréditations pour les journalistes, nous avons fait ce qu’il fallait pour ne pas se mettre en porte-à-faux. Mais la Biélorussie ne ressemble à aucun autre pays de notre belle Europe ; ici, les réflexes staliniens ont la vie dure et la bureaucratie de beaux jours devant elle.

Six heures pour franchir une frontière (photo : 1), record à battre…

 

Cent cinquante kilomètres nous séparent de Minsk. Sécurité et règlement obliges, nous avons droit à notre escorte policière ; vu le retard pris, c’est en voiture que nous rallions la capitale.

Il y a de la frustration de ne pouvoir enfourcher nos fidèles compagnons ; décision est prise de reporter notre ultime étape à vélo au surlendemain.

 

Notre convoi ne passe pas inaperçu ; en Biélorussie, la discipline n’est pas un vain mot ; sur notre passage, les véhicules se rangent, nous en sommes presque gênés (photo : 1) ; à 80 km/h maximum, nous avons tout le loisir de découvrir ce pays fermé au tourisme ; la campagne est boisée, les kolkhozes bien en place, les véhicules sont rares et les villages vraiment charmants avec leurs maisons en bois (photo : 1).

Ici, une église toute neuve, là une salle des fêtes à la peinture encore fraîche, tout cela fleure bon l’ex-URSS…

 

Sur la voie rapide, un panneau lumineux : il est 20 h 30 et il fait douze degrés ; le trafic devient progressivement plus dense ; devant, un gyrophare ouvre la route à notre convoi ; au loin, les lumières de la ville ; nous arrivons à Minsk.

 

Nous concluons cette journée si particulière, en périphérie ; au bout d’un chemin de terre, un grand bâtiment : l’institut Belrad où nous allons loger durant deux nuits…

Nous sortons nos tentes pour les faire sécher et nous les abandonnons, presque à regret… Ce soir, nous dormirons bien au chaud (photo : 1).