ACTUALITE DU 2 Octobre 2006 : Dans la peau d'un raideur.

   

Autres articles : "Riga, une ville aux multiples visages !" , "Une journée type." , "Les echos.", "Portraits." (cliquez sur l'article voulu).

   

 

Juste avant de quitter la Pologne, elle est arrivée, fine et froide ; et ne nous a plus quittés.

 

Soixante-dix interminables kilomètres durant lesquels cette maudite pluie a pénétré toutes nos carcasses, jusque dans nos os ; l’humidité nous ronge, le bas du dos est glacial ; sale temps pour les cyclistes…


La pluie a mal choisi son jour (photo : 1), car aujourd’hui c’est 21 km/h pour tout le monde ; c’est à peu de choses près la moyenne de Babacar (contre 26 km/h pour le reste du groupe et 28 km/h pour Lionel) ; nous devons accompagner notre « Boops » préféré sur la totalité de l’étape ; d’habitude c’est Lionel qui joue ce rôle ; mais le boss est ailleurs car il a des kilomètres à avaler, seul ; beaucoup de kilomètres, 285 …


C’est dans ces moments-là qu’un groupe se fait ou se défait…

Le peloton n’a pas explosé ; pour nous réchauffer nous n’avons pas accéléré, nous avons roulé, tous ensemble…

 

Nous avons récupéré Lionel pour la traversée des Pays Baltes (photos : 1, 2) ; deux pays dans la même journée : la Lituanie puis la Lettonie bien au chaud dans la Nolween et la Marcel mobiles, si ce n’est nos soixante-dix kilomètres quotidiens à vélo.

C’est un métier de conduire nos deux anges gardiens (photo : 1) ; ni trop près, ni trop loin des cyclistes ; il faut sans cesse trouver la bonne distance ; question de sécurité, question d’oxygène aussi car les odeurs de gasoil ne sont jamais les bienvenues… Et pour cette conduite, élastique, ce sont Réjane et Patrice qui s’y collent ; du bon boulot, un job à part entière car il faut, en plus, satisfaire les exigences des photographes.


 

Dans le viseur, on a surtout vu de grands espaces jalonnés de lacs et de forêts ; peu de cultures mais beaucoup de pâtures occupées par des vaches et des chevaux (photos : 1, 2) ; et puis, parfois, quelques engins agricoles d’un autre temps (photo : 1).

 

Le midi, nous traquons les abri-bus et les parkings ; il faut faire vite et simple car nous avons un carnet de route à respecter. C’est l’heure de Chef Marcel et de la pause repas ; salade de riz ou de pâtes, c’est le régime du raid.


 

La Lettonie présente la caractéristique (réjouissante) de compter 54 % de femmes ; son chef d’Etat est d’ailleurs, depuis 1999, une présidente, mais, petite déception, ce sont des douaniers qui nous accueillent et, pour la première fois depuis nos nombreux passages aux frontières, le contrôle est rigoureux. Mais la suite va rapidement nous réconcilier avec ce tout petit pays.


 

Car Riga est sans aucun doute la plus branchée des capitales baltes ; comme pour mieux exorciser les privations passées (photo : 1), sa jeunesse aime s’émanciper ; une jeunesse bruyante, extravagante…


Et vos raideurs préférés, devinez, ont rapidement trouvé leurs marques ; pour beaucoup, la nuit a été courte, le réveil délicat…, mais aucun ne manquait à l’appel pour la conférence de presse du matin ; tous ensemble, on assure…

 

Vous n’avez pas idée combien la vie vestimentaire des cyclistes est compliquée…
On ne compte plus les séances de déshabillage (et habillage !). Et, croyez-nous, c’est une gymnastique compliquée, d’autant que les cabines de change ne sont pas fournies avec le raid…

 

Et cinq journalistes de plus à Riga, (désormais 55 depuis le début du raid) (photo : 1) ; cette fois, ce sont Sabine et Erwan qui ont droit à leur baptême du feu (photos : 1, 2) ; un grand oral toujours intimidant, mais ils ont su trouver les mots pour convaincre…

Moment fort de cette conférence, la présence de Svetlana ; c’est la représentante de l’association Tchernobyl pour la Lettonie (photo : 1) ;

Quand elle explique que 5 000 Lettons ont été des liquidateurs au lendemain de la catastrophe, son émotion est palpable ; et Svetlana d’asséner ce chiffre, terrible ; aujourd’hui, 3 000 d’entre eux sont invalides et leurs enfants sont, chaque jour, plus nombreux, à avoir des problèmes de santé. Tout est dit.

 

 

Et Lionel dans tout ça… ?
Fidèle à ses engagements, il se démultiplie ; à se demander d’ailleurs s’il n’y a pas plusieurs Lionel…

Au bout de l’effort, il se laisse aller à quelques confidences ; il avoue avoir mal aux jambes et le dos en compote ; il faut dire qu’il les accumule les kilomètres (photos : 1, 2), ces derniers jours, rien que 317 pour nous rejoindre à Riga ; ça commence à faire beaucoup pour notre divin chauve…

 

 

Le groupe, lui aussi, est fatigué ; il y a un peu de lassitude, car notre frustration est grande de ne pouvoir rester plus longtemps dans les pays visités ; mais le raid est ainsi ; pas question de s’installer dans le confort et la routine ; chaque jour, il faut que la caravane passe…

 

 

Nous n’avions fait que la traverser sans s’y arrêter ; cette fois, nous nous « installons » en Lituanie ; direction Vilnius où nous devons honorer une nouvelle conférence de presse dans les heures qui viennent ; mais ce soir, c’est un bivouac au bord d’un lac qui vient conclure une journée très sportive (plus de 100 kilomètres à l’actif des cyclistes, et 150 pour Lionel, petit joueur, pour le coup !)
Tous, nous aspirons à un peu de répit, avant la dernière ligne droite en Biélorussie ; cette fin de raid s’annonce aussi excitante qu’éprouvante…