ACTUALITE DU 26 Septembre 2006 : ...SOUFFRANCES ETERNELLES.

   

 

Dimanche 24 septembre : deux panneaux sur note route : Oswiecim et Brzezinka, autrement Auschwitz et Birkenau, le raid devient soudain dérisoire, nous avons posé nos vélos et plongé dans l’horreur des camps.

Voici jetées quelques phrases, elles illustrent ce que nous avons ressenti.

 

 

Une longue allée de peupliers irradiés par le soleil, c’est une belle matinée d’automne. Deux immenses parkings, puis soudain le malaise, la pénombre. Devant nous, un long bâtiment en briques rouges entouré de barbelés et une porte d’entrée avec cette inscription : Arbeit macht frei (le travail rend libre) (photos : 1, 2, 3 ). Il fait froid sur Auschwitz et sur ses blocs, glacial même dons notre corps et notre cœur. Impossible de décrire l’indicible, nous n’en avons, ni la volonté, ni la force. Aucun d’entre nous n’a eu vraiment envie de trouver les mots. Il y a eu de larmes et beaucoup de silences.
L’émotion a mis du temps à nous quitter. On n’oublie pas Auschwitz. Désormais, nous vivrons avec. Cette visite était nécessaire pour le devoir de mémoire, nous ne la regrettons pas.

 

 

 

 

 

Piotr, notre compagnon en Pologne, ne souhaitait pas nous accompagner dans cette visite. La veille, il nous avait dit : « Je suis déjà venu à Auschwitz et, à Auschwitz, on ne vient qu’une fois. »
Aujourd’hui, nous comprenons ces paroles…
La voix de notre guide lors de cette visite est douce, discrète, mais la trop longue liste des atrocités qu’elle évoque nous glace progressivement. Chaque membre de notre groupe gère à sa manière l’émotion qui l’envahit. Nous n’osons plus croiser nos regards.
Les pas comme les cœurs sont lourds et l’émotion est croissante ; à quelques mètres de nous, une fleur posée là par un inconnu, un parent peut-être. Si la visite de ce lieu répond comme on le dit au devoir de mémoire, nous n’oublierons pas, c’est promis. Nous n’oublierons pas, nous dirons autour de nous qu’en cet endroit , un million de femmes et d’hommes ont péri, victimes des atrocités d’autres hommes… peut-on les appeler ainsi ?
L’horreur d’Auschwitz ne se décrit pas. A Auschwitz, on ne vient pas voir, on s’y recueille.

 

 

 


Auschwitz est là devant nous ; ici, il n’est plus question de livres d’histoire, c’est la réalité qui nous étreint.
Nous marchons sur les empreintes macabres de nos ancêtres. Nous sommes gênés d’être là.
En franchissant la grille, ces mots terribles : Arbeit macht frei (le travail rend libre) nous conduisent dans l’enfer de l’histoire, mais l’histoire est tellement proche de nous.
Qui sommes-nous pour vous parler de cette barbarie alors qu’après trois heures passées dans ce gouffre nous ne pouvons encore imaginer la réalité de l’horreur vécue ici ? C’est avec beaucoup de recueillement que nous parcourons cette usine à tuer. Les yeux rouges et la gorge serrée, de 19 à 66 ans, chacun est choqué. Tout nous est pénible à regarder, une pièce renferme un énorme tas de cheveux de femmes vendu aux usines textile d’Allemagne. Nous sommes meurtris dans notre chair ; jusque dans leur mort, la dignité leur a été enlevée.
Certains d’entre nous n’auront pas la force d’aller jusqu’au bout, jusqu’à l’inimaginable : La chambre à gaz, le four crématoire, l’ultime niveau de cette folie meurtrière orchestrée et planifiée de toutes parts.
Le silence fait loi. Chacun éprouve le besoin de se retrouver quelques instants.
Toutefois, des questions restent sans réponse.
Comment, soixante ans après, des hommes peuvent continuer à se massacrer entre eux.
Les mots ne seront jamais assez forts et ne permettent pas de retranscrire notre ressenti.

 

 

 

Auschwitz et Birkenau en quelques mots et quelques chiffres :

- camps de concentration et d’extermination situés en Pologne dans la région de Silésie.

- Dès l’année 1940, les nazis en font la principale destination des déporté de l’Europe entière. Ils viennent principalement de Russie, de Scandinavie, de Hongrie, de Pologne, de Tchéquoslovaquie et de France (camps Pithiviers est Drancy).

- Devant l’afflux de déportés, Auschwitz II est construit à trois kilomètres du premier camp, il est nommé Birkenau étend sur 75 hectares, soit douze fois plus d’Auschwitz.

- À partir de 1943, l’extermination massive de onze millions de juifs est décidée et planifiée par les nazis, ce qu’ils appellent la « solution finale ». Un gaz mortel, le Zyklon B, est utilisé dans les chambres à gaz. Au moins un million cent mille juifs ont péri dans les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et de Birkenau, dont 60 000 juifs français et parmi eux beaucoup d’enfants.

Au total, ce sont six millions de juifs qui ont été exterminés à travers le monde, victimes des atrocités nazis.