LE PALUDISME
 
 
 

1 - Qu'est-ce que le palu ?

Le paludisme est une maladie infectieuse due à un parasite microscopique appelé Plasmodium. Elle est transmise par l'intermédiaire d'une femelle moustique, l'anophéle. Cette maladie infectieuse peut être contractée à tout âge. Elle est grave et peut même être mortelle dans certains cas si des soins adaptés ne sont pas apportés.

Il existe quatre espéces de Plasmodium :
  1. Plasmodium ovale
  2. Plasmodium malariae
  3. Plasmodium vivax
  4. Plasmodium falciparum. Seul ce dernier est mortel.
 

2 - Le palu en chiffres:

C'est une véritable pandémie (extension d'une maladie contagieuse sur une zone géographique trés étendue). On considére en effet qu'environ 40 pour cent de la population mondiale sont exposés à ce fléau (essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde). Chaque année, plus de 500 millions de personnes en sont gravement atteintes.

Entre 1 et 3 millions de personnes meurent chaque année du paludisme, dont 70 pour cent sont des enfants de moins de cinq ans. C'est une des principales causes de mortalité dans cette tranche d'âge en Afrique.

Un enfant décéde de cette maladie toutes les 30 secondes.

Les femmes enceintes sont aussi trés touches dans les pays ou sévit le parasite, elles risquent de contracter des formes trés sévéres de la maladie : ce qui entraîne jusqu'à 60 pour cent de pertes fœtales et plus de 10 pour cent de décés maternels. 200 000 nourrissons meurent chaque année des suites du paludisme maternel pendant la grossesse.

D'un point de vue socio-économique, l'impact est considérable: il entraîne la perte moyenne de 1,3 pour cent de croissance économique annuelle dans les pays  les plus touchés. Il a des répercussions importantes sur toute la durée de la vie en accroissant la pauvreté, l'absentéisme scolaire et professionnel, et en compromettant l'apprentissage.

 

3 - Le palu dans le monde:

La principale charge de morbidité  (nombre de personnes souffrant d'une maladie donnée pendant un temps bien précis, en général une année) est située en Afrique subsaharienne avec un nombre de décés estimé à plus d'un million.

Les deux tiers de la charge de morbidité restante touchent six pays : le Brésil, l'Inde, les îles Salomon, le Sri Lanka, le Vietnam.

On classe les pays du monde en 3 zones de résistance croissante vis-à-vis de la chloroquine. La chloroquine est un antipaludéen, et c'est avec la quinine le traitement qui a été le plus employé en préventif (pour se protéger de la contamination) et en curatif  (pour guérir) contre le paludisme. On distingue donc :
-les pays de zone 1 : absence de résistance à la chloroquine
-les pays de zone 2 : résistance modérée à la chloroquine
-les pays de zone 3 : résistance trés fréquente à la chloroquine

La résistance est un processus par lequel le parasite s'adapte pour résister à l'efficacité du médicament. Pour chaque zone, les médicaments pour se protéger du paludisme différent, ceci en raison de la résistance plus ou moins accrue du Plasmodium vis-à-vis de certaines molécules.

 

4 - Le palu au Kenya, en Tanzanie, et en Ethiopie :

Le paludisme est absent à Nairobi (capitale du Kenya), mais il est constamment présent sur l'ouest du pays et la côte. Dans le reste du pays, on le trouve de façon endémique (localisée à une région) durant la saison des pluies. Il est absent dés que la température est inférieure à   14°C la nuit. Chaque année, 34 000 Kényans décédent des suites de la maladie.

En Ethiopie, les caractéristiques des épidémies sont assez inhabituelles en raison de la topographie du pays : on y trouve en effet des montagnes de plus de 4000m d'altitude sur les hauts plateaux ainsi que des basses terres en dessous du niveau de la mer. Les gens ne développent pas d'immunité contre la maladie, et la population peut donc être rapidement et sévérement infectée par le parasite. On trouve de nombreux cas de neuropaludisme (atteinte cérébrale due au parasite) chez l'adulte et chez l'enfant. Il n' y a pas de paludisme dans les zones frontaliéres avec la Somalie et Djibouti, ainsi que dans le centre du pays. A Addis Ababa, capitale de l'Ethiopie, le paludisme est également absent. La transmission se fait par recrudescence saisonniére courte (inférieure à 6 mois), avec 2 à 20 piqûres de moustiques infectées par homme et par an.

En Tanzanie, plus de la moitié de la population contracte le paludisme chaque année. Plus de 10000 personnes, majoritairement des femmes enceintes et des enfants en décédent chaque année.

 

5 - Comment se transmet-il ? Quel est son développement ?

On  contracte le paludisme par la piqûre d'un moustique (l'anophéle femelle) porteur du parasite. Il n'y a pas de contamination d'homme à homme sauf par transfusion de sang contaminé par le Plasmodium. C'est pourquoi on vérifie toujours que les donneurs de sang n'ont pas le paludisme ou qu'ils n'ont pas voyagé dans les semaines précédentes dans une zone impaludée. Seul le moustique répand la maladie.

Lorsqu'un moustique pique une personne infectée, il ingére du sang contenant le parasite. Celui-ci se développe dans le moustique pendant une période de 8 à 35 jours (en fonction de la température ambiante). La cellule infectante du Plasmodium (le sporozoïte)  passe dans les glandes salivaires du moustique et contamine un nouvel être humain lors de la piqûre suivante.

 Chez l'homme, les sporozoïtes migrent vers les cellules du foie (les hépatocytes) où ils se multiplient pendant huit jours ou pendant plusieurs mois  en fonction du type de Plasmodium, ceci sans donner de signes ou de symptômes.

Ensuite, il y a une phase de croissance et de multiplication qui est responsable de la maladie des globules rouges contenus dans le sang : ceux-ci éclatent, et c'est à ce moment qu'apparaissent les signes de la maladie.

 

6 - Les signes cliniques de la maladie :

Les premiers symptômes les plus courants : fiévre, céphalées (mal de tête), frissons, vomissements, apparaissent 10 à 15 jours aprés la contamination.

On peut trouver également des douleurs musculaires, de la fatigue, une diarrhée, une anémie consécutive à la lyse des hématies (destruction des globules rouges) et une jaunisse (coloration jaune de la peau et des yeux). Les symptômes surviennent trés souvent de maniére cyclique : tous les 48h, ou 72H selon l'espéce de Plasmodium. On parle de fiévre tierce ou de fiévre quarte.

Dans les formes sévéres de la maladie, des convulsions (tremblements généralisés de tout le corps), un coma, et une insuffisance rénale peuvent survenir. La gravité et l'ampleur des symptômes dépendent du type spécifique de paludisme : dans certains types de la maladie, l'infection peut rester inactive pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans et elle peut être récurrente, c'est-à-dire apparaître, disparaître, et réapparaître par cycles.

En l'absence de traitement rapide et efficace, le paludisme peut évoluer vers une forme cérébrale trés grave conduisant à la mort.

 

7 - Comment se protéger du paludisme ?

Le moustique pique entre le coucher et le lever du soleil. Se protéger du paludisme, c'est d'abord éviter de se faire piquer. Pour cela, on peut ou il faut:
-porter des vêtements longs le soir et la nuit, de couleur claire, avec des chaussettes
-imprégner les vêtements de répulsifs qui peuvent être naturels (citronnelle, essence de lavande)  ou bien chimiques ( à appliquer réguliérement toutes les deux-trois heures sur la peau découverte, parfois toxiques chez l'enfant, la durée d'efficacité dépend de la chaleur et de la sudation)
-dormir dans des chambres climatisées ou dormir sous des moustiquaires imprégnées  de répulsifs ou d'insecticides (certains d'entre eux tuent le moustique par simple contact, il faut en imprégner les moustiquaires et les vêtements).
On peut aussi se protéger de cette maladie en prenant des médicaments (ils ne sont malheureusement pas efficaces à 100 pour cent). Pour chaque zone impaludée, ils sont différents car ils prennent en compte la sensibilité des souches de paludisme aux diverses molécules.
Les moustiques naissent et se développent dans l'eau claire et non polluée: lutter contre la stagnation des eaux est donc un excellent moyen d'éradiquer ce fléau. On comprend aussi que dans les zones urbaines polluées, les moustiques ne peuvent pas se reproduire. On y trouve donc moins de paludisme que dans les zones rurales où l'eau stagnante est plus fréquente et sera souvent moins polluée. C'est le cas par exemple de l'Asie du sud-est où il n'existe pas de paludisme urbain. Il faut savoir qu'un moustique ne s'éloigne que trés rarement à plus de 800m de son lieu de naissance.

L'altitude a également une influence sur le développement des moustiques, les régions de haute altitude ne sont que trés peu touchées par le paludisme : en effet, on ne retrouve pas l'anophéle au dessus de 1600m d'altitude.

On a démontré qu'une personne ne s'étant jamais fait piquer et partant dans une zone impaludée a beaucoup plus de chances de développer une forme sévére de la maladie pouvant la conduire jusqu'à la mort qu'une personne exposée au parasite depuis sa naissance, et a donc acquis une certaine immunité.

 

8 - Quel traitement les raideurs vont-ils prendre pour se protéger du paludisme ?

Le Kenya, la Tanzanie et l'Ethiopie sont trois pays appartenant à la zone III en matiére de paludisme. Ceci signifie qu'il  y existe de multiples résistances vis-à-vis de la chloroquine, antipaludéen le plus fréquemment utilisé en préventif (=pour se protéger de la contamination) et en curatif (=pour guérir) contre le paludisme. 

Deux médicaments peuvent être utilisés pour se protéger au maximum d'une forme sévére de la maladie ; il s'agit de la Malarone* et du Lariam*. Tous deux se prennent par voie orale, avec un peu d'eau.
- Le Lariam* se prend trois jours avant le départ puis une fois par semaine pendant toute la durée du séjour et doit être continué pendant 3 semaines au retour.
- La Malarone* se prend la veille du départ, puis à raison d'un comprimé par jour, et sa prise doit être continuée au moins une semaine aprés le retour.
Le principal inconvénient du Lariam* est sa tolérance qui n'est pas toujours bonne : chez certaines personnes, il peut donner lieu à des troubles neurologiques graves (crises d'épilepsies, dépressions, cauchemars…) On conseille donc de tester le médicament avant le départ afin de voir si on le tolére ou non. Son prix est d'environ 40 euros pour une boîte de huit comprimés (un mois de traitement).
A l'inverse, la Malarone* est un médicament trés bien toléré, sans effets secondaires notoires. Cependant son coût est élevé : plus de 100 euros pour un mois de traitement.
Pour les deux médicaments, il convient de s'assurer de l'absence d'une grossesse.
Il faut donc choisir entre le Lariam* et la Malarone*, on peut prendre l'un ou l'autre indifféremment. Leur efficacité est identique, mais leur tolérance est différente.

 

9 - Le palu : la recherche, les vaccins, l'espoir :

Il n'existe actuellement aucun vaccin contre le paludisme, malgré plusieurs essais conduits dans des laboratoires trés spécialisés. A plusieurs reprises,  des résultats qui paraissaient prometteurs n'ont malheureusement pas été confirmés.
Une stratégie mondiale, lancée notamment par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), vise à mettre au point d'ici 2025 un vaccin efficace contre le paludisme. Ce projet baptisé « la feuille de route pour la technologie du vaccin antipaludique » a été initié au Forum mondial de recherche sur les vaccins de Bangkok (Thaïlande) en décembre 2006. Son objectif est la création d'un vaccin protecteur à au moins 80 pour cent contre les formes cliniques du palu avec une protection garantie pendant au moins quatre ans. Dans un premier temps, les acteurs de cette initiative espérent connaître d'ici 2015  un vaccin protecteur à 50 pour cent pendant au moins un an. Le but de la Feuille de route est aussi d'améliorer la coordination des travaux sur les vaccins contre le paludisme et de faciliter  la réalisation d'essais cliniques dans les zones impaludées en Afrique.
Cependant, ces recherches se heurtent aux difficultés économiques et sociales, notamment présentes en Afrique. On peut craindre aussi que la diffusion et l'emploi non contrôlés de nouveaux médicaments ne renforcent la résistance du Plasmodium à la chloroquine, et rendent encore plus difficile à l'avenir, le traitement et la prévention du paludisme.

 

10 - Nos actions :

 Notre tâche portera sur la prévention du paludisme auprés de la population rencontrée dans les différents villages que nous traverserons au Kenya, en Tanzanie et en Ethiopie.

Notre premiére action : L'Information
Nous tenterons d'expliquer aux habitants de quelle maniére se transmet le paludisme et comment ils peuvent s'en protéger.
Compte tenu de la barriére de la langue, nous ferons passer des messages par le biais de scénettes théâtrales portant sur des points importants à retenir.
Nous sommes également en train d'élaborer une mini bande dessinée sur le paludisme résumant les causes, les conséquences et les conduites à tenir face à la maladie.
Ceci sera un support écrit simple que l'on pourra transmettre au centre de soins ou à l'école du village. La bande dessinée pourra être utilisée par l'instituteur, la sage-femme ou encore être consultée par les enfants et les parents.

Notre deuxiéme action concerne un don matériel.
En effet, grâce aux partenaires du Raid, nous serons en mesure d'offrir des moustiquaires aux familles avec enfants de 0 à 5 ans.  Effectivement, les enfants en bas âge sont beaucoup plus vulnérables face au palu. Aprés 5 ans, le risque de développer un paludisme trés grave et mortel, diminue. Nous ciblerons donc cette tranche d'âge.

 

Sources :
- site internet de l'OMS
- www.impact-malaria.com
- le Professeur Favennec et ses cours de parasitologie en deuxiéme année de médecine au CHU de Rouen.