Jeudi
18 mars
Il est 7 heures, les yeux des raideurs s’ouvrent
sur un décor enivrant. Ils ont passé la
nuit dans les vignes, bercés par les effluves de
raisin dont les grappes délicates viennent tout
juste d’être cueillies.

Un toit de vignes protège le campement
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Fenêtre sur vignes |
L’Albertomobile, qui a sans doute mangé un
peu trop de gasoil, n’a pas une silhouette qui lui
permette de défiler pare-brise haut dans le col
de Los Llanos de Huanta. Il est donc prévu que
Walter, le fils du propriétaire des vignes, prenne
dans son pick-up l’équipe du film et le photographe
et les accompagne tout au long de l’étape
aux côtés des raideurs. Avant ça,
il doit soigner un tracteur fatigué et emmener
une vingtaine de vendangeurs en haut du col pour le premier
jour de récoltes. Les raideurs trépignent
d’impatience. Ne pas avoir pu monter ce col la veille
à cause d’une erreur d’aiguillage leur
avait laisser un goût amer. Il est 9h30 lorsque
Walter revient au campement avec le pick-up, il fait déjà
28 degrés.
Le Grande Dame est là, elle les attendait. Il semble
que le rendez-vous manqué de la veille était
écrit dans la légende du raid. C’est
à priori l’étape la plus courte du
raid, mais les 10 km qui séparent les raideurs
des 6 hectares de vignes perchés au sommet du col
resteront mythiques. La Belle sonne les coups d’une
tragédie en 3 actes.
Acte
I : La montée
Les chemins volcaniques du sud sont remplacés par
un savant dosage de sable fin, de terre et de cailloux
que la Grande Dame a mitonné pendant des décennies
en attendant l’arrivée des premiers raideurs
dans le col de Los Llanos de Huanta.
Les troupeaux de chèvres, les moutons
et les chevaux qui circulent sur cette route étroite
donnent aux raideurs l’impression de s’être
embarqués sur l’Arche de Noé. Sur les
ordres de l’Adero (gardien de troupeaux à cheval)
les animaux leurs libèrent un passage afin qu’ils
puissent enfin s’extirper de la poussière.
Les raideurs doivent composer avec les maîtres
de la montagne |

Quand la poussière s’en mêle |

Aymeric se bat contre un estomac fragile |
Aymeric offre à la Grande Dame une belle leçon
de courage. Victime à son tour d’une
insolation, il vomit par deux fois mais termine l’étape
grâce à une volonté féroce. |
Au prix de 52 minutes d’efforts violents, les
raideurs parviennent enfin au sommet et découvrent
le trésor du col de Los Llanos de Huanta :
6 hectares de vignes font la roue à 2300 mètres
d’altitude. |

Premier jour des vendanges à 2300m d’altitude |

Quand les raideurs jouent les vendangeurs |
Les
vendangeurs, très affairés en ce premier jour
de récolte, prennent quelques minutes de leur temps
précieux pour expliquer aux raideurs le fonctionnement
du vignoble.
Acte
II : La descente
Aymeric rentre au campement dans le pick-up de Walter. Les
4 autres raideurs commencent à redescendre et prennent
très vite conscience de l’ampleur de la pente.
La
descente aussi difficile que la montée
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Sur
ce terrain escarpé, Pascal ne décroche
pas et chute. Rien de grave, il repart aussitôt. |

Quoiqu’il arrive, Pascal ne lâche pas
le guidon ! |

L’affolement des chevaux |
Joël,
qui ramasse à terre la veste de l’Adéro
pour la lui ramener en est la triste victime. La veste
se prend dans sa roue avant et lui fait faire un spectaculaire
saut de l’Ange. Assommé pendant quelques
minutes, il remonte sur son compagnon, souffrant de
quelques contusions à la main et à la
hanche. |
Acte III : Le pont
La roue du compagnon de Lionel se bloque entre deux planches
de bois. Déséquilibré, il chute contre
la rambarde du pont que vient heurter violemment son petit
doigt. Direction l’hôpital de Vicuna à
40 kilomètres. Son doigt est luxé, 4 points
de suture seront nécessaires pour qu’il n’y
paraisse (presque) plus rien.

A l’hôpital de Vicunia
Cette
étape n’aura duré que 2 heures, mais
les conditions auxquelles la Grande Dame a soumis les raideurs
n’aura qu’amplifié les souvenirs qu’ils
en garderont. Au bout de 14 jours de raid, Lionel a parcouru
1926 km, et les raideurs 960.
La Grande Dame ne permet plus à l’Albertomobile
de continuer sur ses pistes, il est donc temps de regagner
la Panaméricaine pour le deuxième grand transfert
: Vicunia – Antofagasta, soit 900 km pour atteindre
les 10 derniers jours du raid . Les raideurs, intimement
liés à la Grande Dame des Andes, sont attendus
dans le désert le plus aride du monde : le désert
d’Atacama. De samedi à mardi ils seront donc
coupés des commerces et n’auront aucun accès
à internet.
Reportage
:
Les
vignes de la vallée Del Elqui
Par Léna et Thomas
En
haut du col de Los Llanos de Huanta, c’est le premier
jour des vendanges. Monsieur Aguirré et son fils
Walter, qui nous ont accueilli la veille sur leur terrain
au pied du col, nous proposent de nous faire vivre un moment
d’exception à 2200 m d’altitude.
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Aguirre
Alcides a commencé le travail de viticulteur
en 1962, il est relayé aujourd’hui par
son fils. Leur exploitation s’étend sur
12 hectares qui sont destinés essentiellement
à la production de Pisco, alcool national chilien.
200.000 tonnes de raisin sont vendus aux coopératives
de Pisco, au prix de 80 pesos le kilo. Il faut savoir
qu’il faut 10 kilos de raisin pour faire un
litre de Pisco. Il est obtenu après distillation
du vin. Le reste, le raisin de table, soit 20.000
caisses de 8 kilos est exporté aux Etats-Unis,
en France et en Italie. Il est plus facile d’exporter
vers l’Europe, car aux Etats-Unis, il existe
certaines restrictions, par exemple le poids d’une
grappe de raisin ne doit pas excéder 600 grammes
sans quoi la transaction ne se fait pas. |
De
plus, le vente de 5 kilos de raisins est de 12 dollars
US pour l’Europe, et seulemenSt 10 dollars US
pour les Etats-Unis. Aguirre et Walter souhaiteraient
exporter encore plus de raisins vers la France. Ils
travaillent avec 9 ouvriers permanents qu’ils
payent 5.000 pesos par jour. Ceux-ci sont rejoints
par 40 autres pendant la période des vendanges,
pour couper les raisins et conduire les tracteurs.
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Tout
au long de l’année, Aguirre et son fils
s’occupent de traiter les vignes pour éviter
qu’une maladie ne vienne les détruire.
Il s’agit également de tailler les cèpes
et de leur faire des greffes. Les cèpes doivent
être renouvelés tous les 20 ans. Ce n’est
qu’au bout de la troisième année
qu’ils commencent à donner des raisins,
la cinquième étant l’année
où leurs rendements sont les meilleurs. |
Galerie
photos :
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