Mardi
16 mars, Combarbara - Serena
Bertrand compose une dernière fois avec Lionel
le parcours de l’étape et trace les grandes
lignes de l’itinéraire des dix derniers jours
du raid. L’équipe a ce matin rendez-vous
à 9h30 au siège de Radio Progresso pour
donner une interview en direct à un journaliste
rencontré la veille devant le cyber-café.
C’est sous un ciel bleu azur que l’Albertomobile
arrive à Combarbara. Cette petite bourgade, située
à 1000 mètres d’altitude, semble perdue
au milieu de nulle part, tout autour s’étendent
des kilomètres de terres arides et de montagnes
dénudées.

Au milieu de nulle part
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Campement sur la lune ou au Chili ? |
Lorsque les raideurs pénètrent dans
l’enceinte de cette petite radio locale,
c’est « Le téléphone
pleure » de Claude François qui résonne
à leurs oreilles ! Léna jongle entre
le français et l’espagnol et assure
l’entente franco-chilienne. Le reste de
l’équipe, dispersé dans la
ville, entend la voix de Lionel dans les commerces,
au cyber-café et même dans la rue
!
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Le
journaliste de Radio Progresso |
Léna rend l’interview compréhensible |
C’est
bien la voix de Lionel qui résonne depuis
la radio de la boucherie ! |
L’équipe doit quitter la Cordillère
pour rejoindre Serena, citée balnéaire
d’où Bertrand décollera en fin
d’après midi pour rejoindre Santiago.
L’étape commence donc à 110
km de Serena. La Grande Dame, contrariée
par l’escapade des raideurs en bord de mer,
donne un premier signe de mécontentement
: un vent violent dont les rafales giflent les joues
qu’un soleil provocateur ne soulage pas. Tandis
que les compagnons font face au courroux de la Grande
Dame, le reste de l’équipe dit un dernier
au revoir à Bertrand. Les raideurs effectuent
aujourd’hui la totalité de l’étape,
soit 110 km dont un col à franchir, car Lionel
subit un début d’insolation. Il a peu
dormi, ses jambes sont lourdes, il est donc couvert
du vent par les quatre raideurs qui l’entourent
sur toute la durée de l’étape.
C’est grâce au moral et au soutien de
ses raideurs qu’il termine l’étape,
car le physique à lui seul n’aurait
pas suffi à en venir à bout.
L’équipe reste en ville jusqu’à
22h pour travailler sur internet. Dormir sur la
plage n’étant pas autorisé par
les autorités, les raideurs décident,
sur les conseils de quelques passants, d’aller
camper sur le terrain de l’université.
Pas possible non plus ! Direction un terrain vague
en dehors de la ville. |
Mercredi
17 mars, Serena – Vallée del Elqui
Deuxième signe de mécontentement de la part
de la Grande Dame : le soleil a cédé la place
à un épais brouillard. Mais si la Belle sait
se faire respecter, elle sait aussi être clémente.
Point de rancune, quelques kilomètres plus loin le
ciel revêt son plus bel apparat et découvre
un lac gigantesque ceinturé de montagnes qui semblent
se jeter à l’eau.
Il est 11h lorsque Lionel quitte l’équipe
pour 130 km. Quand les raideurs le rejoignent, ils l’informent
que la route est trop étroite pour l’Albertomobile.
Un changement de programme s’impose : il faut contourner
le col qu’ils avaient prévu de gravir. Le deuxième
grand rendez-vous que s’étaient fixé
les raideurs avec la Grande Dame ne peut donc pas avoir
lieu. Ils empruntent alors une piste caillouteuse.
Le
club des cinq encore et toujours dans l’effort |

Les raideurs tiennent tête aux voitures |
La
fin de l’étape prend des allures de dilettante
: c’est au tour de l’équipe du film,
des reporters et de Thomas et Léna de grimper sur
les vélos! Ils troquent l’Albertomobile pour
les « compagnons » qui les font vibrer sur 20
km de descente entre piste et asphalte enserrés de
montagnes.
La
grande Dame teste les « apprentis » raideurs |
Thomas
et Léna ne veulent plus descendre ! |
Thomas
:
« L’échange de vélos avec les
raideurs est tombé à point. La routine du
bus commençait quelque peu à me peser. Découvrir
les paysages sur le vélo m’a permis de communier
plus harmonieusement avec la nature chilienne que le bus
ne le permet. On profite intensément de tout ce qui
nous entoure, ce sentir là, tout petit, au milieu
des montagnes, ce fut pour moi une expérience que
j’attendais avec impatience et qui j’espère
se reproduira bientôt, avec tous les raideurs si possible.
Je ne suis pas sûr que mes fesses partagent cet avis,
mais elles savaient que les mains d’Aymeric seraient
là pour les apaiser. Parce que le raid, c’est
avant tout l’esprit de Groult. »
Gilles
:
« J’ai vraiment apprécié cet échange
de rôles pour mieux comprendre ce que vivent les raideurs.
J’ai pleinement réalisé l’importance
de ce que le groupe représente dans un raid, surtout
lorsqu’il s’agit de se soutenir mutuellement
dans l’effort face à la douleur, à la
distance, ou plus précisément hier, face au
vent. La difficulté physique comparée au bonheur
de se retrouver en pleine nature ne fut rien. Que du bonheur
! »
L’équipe
se retrouve au pied du col Los Llanos de Huanta (2200m),
au milieu des vignes de la vallée del Elqui qui produisent
le meilleur pisco du pays (boisson nationale du Chili, c’est
une eau-de-vie de raisin). Dormir dans les vignes, voilà
une idée qui chatouille les raideurs et à
laquelle Lionel pense depuis déjà plusieurs
jours ! Les raideurs vont à la rencontre d’un
villageois qui leur indique la propriété de
Walter, propriétaire de plusieurs hectares de vignes.
Lionel lui demande s’il est possible de monter les
tentes dans ses vignes, il accepte immédiatement
et ouvre même sa maison à l’équipe.
Les raideurs dorment donc sous les vignes, dans un village
à 1200m d’altitude, où ne vivent pas
plus d’une cinquantaine d’habitants.

Les
vignes de la vallée del Elqui
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