" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

 20 mars 2004

Quand les raideurs guident le troupeau

Mardi 16 mars, Combarbara - Serena

Bertrand compose une dernière fois avec Lionel le parcours de l’étape et trace les grandes lignes de l’itinéraire des dix derniers jours du raid. L’équipe a ce matin rendez-vous à 9h30 au siège de Radio Progresso pour donner une interview en direct à un journaliste rencontré la veille devant le cyber-café. C’est sous un ciel bleu azur que l’Albertomobile arrive à Combarbara. Cette petite bourgade, située à 1000 mètres d’altitude, semble perdue au milieu de nulle part, tout autour s’étendent des kilomètres de terres arides et de montagnes dénudées.



Au milieu de nulle part

Campement sur la lune ou au Chili ?

Lorsque les raideurs pénètrent dans l’enceinte de cette petite radio locale, c’est « Le téléphone pleure » de Claude François qui résonne à leurs oreilles ! Léna jongle entre le français et l’espagnol et assure l’entente franco-chilienne. Le reste de l’équipe, dispersé dans la ville, entend la voix de Lionel dans les commerces, au cyber-café et même dans la rue !

 

 


Le journaliste de Radio Progresso

Léna rend l’interview compréhensible

C’est bien la voix de Lionel qui résonne depuis la radio de la boucherie !
L’équipe doit quitter la Cordillère pour rejoindre Serena, citée balnéaire d’où Bertrand décollera en fin d’après midi pour rejoindre Santiago. L’étape commence donc à 110 km de Serena. La Grande Dame, contrariée par l’escapade des raideurs en bord de mer, donne un premier signe de mécontentement : un vent violent dont les rafales giflent les joues qu’un soleil provocateur ne soulage pas. Tandis que les compagnons font face au courroux de la Grande Dame, le reste de l’équipe dit un dernier au revoir à Bertrand. Les raideurs effectuent aujourd’hui la totalité de l’étape, soit 110 km dont un col à franchir, car Lionel subit un début d’insolation. Il a peu dormi, ses jambes sont lourdes, il est donc couvert du vent par les quatre raideurs qui l’entourent sur toute la durée de l’étape. C’est grâce au moral et au soutien de ses raideurs qu’il termine l’étape, car le physique à lui seul n’aurait pas suffi à en venir à bout.
L’équipe reste en ville jusqu’à 22h pour travailler sur internet. Dormir sur la plage n’étant pas autorisé par les autorités, les raideurs décident, sur les conseils de quelques passants, d’aller camper sur le terrain de l’université. Pas possible non plus ! Direction un terrain vague en dehors de la ville.

Mercredi 17 mars, Serena – Vallée del Elqui

Deuxième signe de mécontentement de la part de la Grande Dame : le soleil a cédé la place à un épais brouillard. Mais si la Belle sait se faire respecter, elle sait aussi être clémente. Point de rancune, quelques kilomètres plus loin le ciel revêt son plus bel apparat et découvre un lac gigantesque ceinturé de montagnes qui semblent se jeter à l’eau.


Un petit coin de paradis

L’équipe s’arrête faire quelques courses à Vicunia, terre natale de la poétesse Gabriela Mistral (1889-1957), l’un des deux prix Nobel de littérature chiliens (avec Pablo Neruda). Ca fait maintenant cinq jours que les raideurs ont quitté la capitale, plus de 1000 km ont été engloutis non sans peine par leurs « compagnons » gourmands. Un petit déjeuner copieux au bord d’une rivière leur redonne énergie et courage.

Et si on s’arrêtait ?

Pause petit déjeuner au bord de la rivière

Il est 11h lorsque Lionel quitte l’équipe pour 130 km. Quand les raideurs le rejoignent, ils l’informent que la route est trop étroite pour l’Albertomobile. Un changement de programme s’impose : il faut contourner le col qu’ils avaient prévu de gravir. Le deuxième grand rendez-vous que s’étaient fixé les raideurs avec la Grande Dame ne peut donc pas avoir lieu. Ils empruntent alors une piste caillouteuse.


Le club des cinq encore et toujours dans l’effort

Les raideurs tiennent tête aux voitures

Les mille et une chèvres
Si les pentes n’excèdent pas les 5%, les records de chaleur, eux, sont battus : il fait plus de 35°C dans la Vallée del Elqui. Les parois de la Cordillère sont parfois si étroites que la chaleur étouffe les raideurs et assèche les gorges. Heureusement, l’étape est bercée par le lit du rio Elqui qui leur permet de se rafraîchir de temps en temps.

Gare à l’insolation

Quelques gorgées d’eau salvatrices

La fin de l’étape prend des allures de dilettante : c’est au tour de l’équipe du film, des reporters et de Thomas et Léna de grimper sur les vélos! Ils troquent l’Albertomobile pour les « compagnons » qui les font vibrer sur 20 km de descente entre piste et asphalte enserrés de montagnes.


La grande Dame teste les « apprentis » raideurs

Thomas et Léna ne veulent plus descendre !

Thomas :
« L’échange de vélos avec les raideurs est tombé à point. La routine du bus commençait quelque peu à me peser. Découvrir les paysages sur le vélo m’a permis de communier plus harmonieusement avec la nature chilienne que le bus ne le permet. On profite intensément de tout ce qui nous entoure, ce sentir là, tout petit, au milieu des montagnes, ce fut pour moi une expérience que j’attendais avec impatience et qui j’espère se reproduira bientôt, avec tous les raideurs si possible. Je ne suis pas sûr que mes fesses partagent cet avis, mais elles savaient que les mains d’Aymeric seraient là pour les apaiser. Parce que le raid, c’est avant tout l’esprit de Groult. »

Gilles :
« J’ai vraiment apprécié cet échange de rôles pour mieux comprendre ce que vivent les raideurs. J’ai pleinement réalisé l’importance de ce que le groupe représente dans un raid, surtout lorsqu’il s’agit de se soutenir mutuellement dans l’effort face à la douleur, à la distance, ou plus précisément hier, face au vent. La difficulté physique comparée au bonheur de se retrouver en pleine nature ne fut rien. Que du bonheur ! »

L’équipe se retrouve au pied du col Los Llanos de Huanta (2200m), au milieu des vignes de la vallée del Elqui qui produisent le meilleur pisco du pays (boisson nationale du Chili, c’est une eau-de-vie de raisin). Dormir dans les vignes, voilà une idée qui chatouille les raideurs et à laquelle Lionel pense depuis déjà plusieurs jours ! Les raideurs vont à la rencontre d’un villageois qui leur indique la propriété de Walter, propriétaire de plusieurs hectares de vignes. Lionel lui demande s’il est possible de monter les tentes dans ses vignes, il accepte immédiatement et ouvre même sa maison à l’équipe. Les raideurs dorment donc sous les vignes, dans un village à 1200m d’altitude, où ne vivent pas plus d’une cinquantaine d’habitants.


Les vignes de la vallée del Elqui

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