Dimanche
14 mars, Tilama
Les pendules chiliennes ont gagné un tour de cadran
(il y a maintenant 5 heures de décalage avec la
France), et la lune se fait déjà reine de
la nuit lorsqu’à 21h Lionel rejoint le campement
adossé à un timide torrent. Il a parcouru
200 km dont la moitié sur des pistes qui se perdent
dans des tunnels presque infinis (500 mètres).
Une fois engouffré dans l’un de ces tunnels,
il faut bien 200 mètres pour que la pupille s’habitue
à l’obscurité car aucun des compagnons
n’est équipé d’une lunette infra-rouge…
On n’y voit rien, l’absence de lumière
requiert une attention soutenue, d’autant plus lorsque
dans le tunnel coulent 30 centimètres d’eau.

Au bout du tunnel : la Grande Dame
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Lundi
15 mars, Tilama – Combarbara
Il
est 5h45, le ru est le premier réveillé,
le débit d’eau qui s’accélère
sonne les cloches et réveille les troupes.
A 8h30, les raideurs partent visiter une mine
de quartz située à une cinquantaine
de mètres du campement. Une cavité
impressionnante dont on ne distingue pas le fond
cache encore quelques minéraux.
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Surtout
ne pas glisser |
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Et
que ça brille ! |
Il est 9h, c’est l’heure
de la toilette quotidienne des «compagnons»
avant le départ. |
La
piste qui attend les raideurs ressemble à
de la taule ondulée recouverte de sable.
Les muscles se contractent pendant 70 km sous un
soleil qui rougit les peaux pourtant crémées. |
Les
raideurs séduisent la Grande Dame
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Joël
et Marcel en plein effort |
Les raideurs se soumettent
chaque jour à un degré d’effort
plus intense, du fait d’une part de la fatigue
qui s’accumule dans les jambes, et d’autre
part de la chaleur qui s’amplifie dans la
région de la Serena. Ils ne s’imaginaient
pas devoir déployer tant d’énergie
sur les pistes de la Grande Dame. Il ne leur faut
pas 2h30 pour parcourir 70 km comme par leur habitude,
mais 4h. Mais si les raideurs comparent volontiers
leur guidon à un marteau piqueur, ils pensent
aussi que contrairement à ceux dont c’est
le métier et qui travaillent 8h par jour,
eux le manie pour le plaisir. |
Un
lac artificiel aux reflets dorés (dépôts
de cuivre au fond de l’eau) offre aux raideurs
une fin d’étape en or. |
Un bain bien mérité
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Le
courage paie |
Lionel
continue à rouler sous cette chaleur écrasante. |
Il
est 20h quand l’Albertomobile franchit les
portes de Combarbara. L’équipe se divise,
les uns se rendent au cybercafé de la ville,
les autres montent le campement et préparent
un barbecue en l’honneur de Bertrand qui quitte
le groupe le lendemain. Comme ces trois derniers
jours, Lionel arrive au campement vers 22h, après
avoir sillonné 200 km de Cordillère.
Les flammes du feu de camp réjouissent les
esprits et les odeurs de Pisco chatouillent les
narines. |
Mardi
16 mars, Combarbara
Il est 7h, les raideurs découvrent le paysage dans
lequel ils ont planté le campement la veille sous
un tapis d’étoiles : parsemé de montagnes,
où l’immensité apaise et les yeux se
régalent.

La Grande Dame majestueuse |

Couleurs locales |
Reportages
:
Confiance
en sa bonne mine
Par Joël et Léna
Aujourd’hui la route nous a amené
au plein cœur de la Cordillère, dans un village
nommé Tilama. Au bout de celui-ci se trouve une maison
où l’habitant qui nous accueille est vendeur
de minéraux, principalement de quartz. Il se nomme
Hector Dionisio Molina, ancien mineur et maintenant au chômage.
Il est célibataire et vit avec son frère.
La mine où il travaillait a comme nom « La
ville de la confiance », car c’est là
où on y traitait les affaires de confiance. Elle
est à ciel ouvert avec une profondeur de 70 mètres.
Douze mineurs y travaillent, de 7h30 à 12h et de
13h30 à 18h du lundi au vendredi. L’on y extrait
du quartz pour la fabrication du verre, de la peinture,
de la céramique, pour l’aérospatial
et pour la joaillerie.
Le
quartz est vendu à la tonne 50000 pesos par
les propriétaire, et 1000 pesos par le mineur
( soit 1, 50 euro). Tout est vendu à Santiago
pour le pays et l’exportation. La mine de Tilama
a été découverte par hasard en
1963. Aujourd’hui, elle arrive en fin d’exploitation
et produit environ 1200 tonnes par mois. C’est
l’entreprise italienne d’Antonio Soseti
qui en est propriétaire. On y découvre
divers quartz : du vert, du rose, du fumé,
et ce qui est étonnant c’est qu’on
les trouve dans la même veine ! Divers explosifs
sont utilisés pour l’exploitation : de
la dynamite, du nitrate, ou du « fuminante ».
Les anciens amis de Victor lui vendent les plus belles
pièces pour lui permettre de survivre. Lorsque
l’on sait que le salaire d’un mineur équivaut
à 180 euros par mois, on imagine bien qu’il
faut trouver un complément. Victor à
demander ce que nous les Européens pouvons
faire du quartz, je lui ai expliqué qu’en
France celui-ci est utilisé en électronique,
chez les joailliers, mais pour l’aérospatiale
nous en fabriquons de synthèse car celui-ci
est pur. Il fait aussi partie des minéraux
recherchés par les collectionneurs dans les
bourses aux échanges partout en France.
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Hector Dionisio Molina et Joël |

Hé ho, hé ho, les raideurs au boulot |
Après
l’avoir remercié de tous ses renseignements,
nous sommes allés mangé. Le lendemain,
toute l’équipe s’est rendue à
la mine pour vous faire partager ce moment qui restera
pour ma part inoubliable. |
La
magie du raid
par Thomas
Pour
la plupart des gens, le raid rime avec aventure, effort
physique et découverte d’un pays. Mais c’est
oublier une des composantes essentielles du raid, les relations
humaines. Des individus qui ne se connaissaient pas et qui
ne se seraient sûrement jamais connu, se retrouvent
ensemble pour vivre une expérience inoubliable. Les
premiers échanges, les premières affinités,
le groupe s’organise autour d’un objectif commun,
l’entraide. L’ interaction permanente et la
durée limitée du raid implique des relations
sociales d’une forte intensité. On découvre
les autres, leurs particularités, on apprend beaucoup
d’eux et de soi-même. Il faut maintenant trouver
cette cohésion, indispensable au bon fonctionnement
de la vie en communauté. Et c’est le cas, si
bien que l’équipe a adopté un modèle
d’organisation basé sur l’autogestion.
Chacun remplit une fonction définie, aidé
par d’autres si besoins est. L’intérêt
collectif transcende les intérêts particuliers.
Tout le monde donne le meilleur de lui-même pour le
groupe. L’ensemble des actions est orienté
dans une seule et même direction, le collectif, le
bien commun.
En un mot, on peut dire que c’est ça aussi
la magie du raid, les relations et échanges entre
individus, qui constituent la véritable richesse
à disposition des humains.
La
portée de caddie |
La
montée des sacs |
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