" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

 18 mars 2004

Au creux de la Grande Dame

Dimanche 14 mars, Tilama

Les pendules chiliennes ont gagné un tour de cadran (il y a maintenant 5 heures de décalage avec la France), et la lune se fait déjà reine de la nuit lorsqu’à 21h Lionel rejoint le campement adossé à un timide torrent. Il a parcouru 200 km dont la moitié sur des pistes qui se perdent dans des tunnels presque infinis (500 mètres). Une fois engouffré dans l’un de ces tunnels, il faut bien 200 mètres pour que la pupille s’habitue à l’obscurité car aucun des compagnons n’est équipé d’une lunette infra-rouge… On n’y voit rien, l’absence de lumière requiert une attention soutenue, d’autant plus lorsque dans le tunnel coulent 30 centimètres d’eau.


Au bout du tunnel : la Grande Dame

Lundi 15 mars, Tilama – Combarbara

Il est 5h45, le ru est le premier réveillé, le débit d’eau qui s’accélère sonne les cloches et réveille les troupes.
A 8h30, les raideurs partent visiter une mine de quartz située à une cinquantaine de mètres du campement. Une cavité impressionnante dont on ne distingue pas le fond cache encore quelques minéraux.

 

 


Surtout ne pas glisser

Et que ça brille !
Il est 9h, c’est l’heure de la toilette quotidienne des «compagnons» avant le départ.
La piste qui attend les raideurs ressemble à de la taule ondulée recouverte de sable. Les muscles se contractent pendant 70 km sous un soleil qui rougit les peaux pourtant crémées.

Les raideurs séduisent la Grande Dame

Joël et Marcel en plein effort
Les raideurs se soumettent chaque jour à un degré d’effort plus intense, du fait d’une part de la fatigue qui s’accumule dans les jambes, et d’autre part de la chaleur qui s’amplifie dans la région de la Serena. Ils ne s’imaginaient pas devoir déployer tant d’énergie sur les pistes de la Grande Dame. Il ne leur faut pas 2h30 pour parcourir 70 km comme par leur habitude, mais 4h. Mais si les raideurs comparent volontiers leur guidon à un marteau piqueur, ils pensent aussi que contrairement à ceux dont c’est le métier et qui travaillent 8h par jour, eux le manie pour le plaisir.
Un lac artificiel aux reflets dorés (dépôts de cuivre au fond de l’eau) offre aux raideurs une fin d’étape en or.

Un bain bien mérité

Le courage paie
Lionel continue à rouler sous cette chaleur écrasante.
Il est 20h quand l’Albertomobile franchit les portes de Combarbara. L’équipe se divise, les uns se rendent au cybercafé de la ville, les autres montent le campement et préparent un barbecue en l’honneur de Bertrand qui quitte le groupe le lendemain. Comme ces trois derniers jours, Lionel arrive au campement vers 22h, après avoir sillonné 200 km de Cordillère. Les flammes du feu de camp réjouissent les esprits et les odeurs de Pisco chatouillent les narines.

Mardi 16 mars, Combarbara

Il est 7h, les raideurs découvrent le paysage dans lequel ils ont planté le campement la veille sous un tapis d’étoiles : parsemé de montagnes, où l’immensité apaise et les yeux se régalent.


La Grande Dame majestueuse

Couleurs locales

 

Reportages :

Confiance en sa bonne mine
Par Joël et Léna

Aujourd’hui la route nous a amené au plein cœur de la Cordillère, dans un village nommé Tilama. Au bout de celui-ci se trouve une maison où l’habitant qui nous accueille est vendeur de minéraux, principalement de quartz. Il se nomme Hector Dionisio Molina, ancien mineur et maintenant au chômage. Il est célibataire et vit avec son frère. La mine où il travaillait a comme nom « La ville de la confiance », car c’est là où on y traitait les affaires de confiance. Elle est à ciel ouvert avec une profondeur de 70 mètres. Douze mineurs y travaillent, de 7h30 à 12h et de 13h30 à 18h du lundi au vendredi. L’on y extrait du quartz pour la fabrication du verre, de la peinture, de la céramique, pour l’aérospatial et pour la joaillerie.

Le quartz est vendu à la tonne 50000 pesos par les propriétaire, et 1000 pesos par le mineur ( soit 1, 50 euro). Tout est vendu à Santiago pour le pays et l’exportation. La mine de Tilama a été découverte par hasard en 1963. Aujourd’hui, elle arrive en fin d’exploitation et produit environ 1200 tonnes par mois. C’est l’entreprise italienne d’Antonio Soseti qui en est propriétaire. On y découvre divers quartz : du vert, du rose, du fumé, et ce qui est étonnant c’est qu’on les trouve dans la même veine ! Divers explosifs sont utilisés pour l’exploitation : de la dynamite, du nitrate, ou du « fuminante ».
Les anciens amis de Victor lui vendent les plus belles pièces pour lui permettre de survivre. Lorsque l’on sait que le salaire d’un mineur équivaut à 180 euros par mois, on imagine bien qu’il faut trouver un complément. Victor à demander ce que nous les Européens pouvons faire du quartz, je lui ai expliqué qu’en France celui-ci est utilisé en électronique, chez les joailliers, mais pour l’aérospatiale nous en fabriquons de synthèse car celui-ci est pur. Il fait aussi partie des minéraux recherchés par les collectionneurs dans les bourses aux échanges partout en France.


Hector Dionisio Molina et Joël

Hé ho, hé ho, les raideurs au boulot
Après l’avoir remercié de tous ses renseignements, nous sommes allés mangé. Le lendemain, toute l’équipe s’est rendue à la mine pour vous faire partager ce moment qui restera pour ma part inoubliable.

La magie du raid
par Thomas


Pour la plupart des gens, le raid rime avec aventure, effort physique et découverte d’un pays. Mais c’est oublier une des composantes essentielles du raid, les relations humaines. Des individus qui ne se connaissaient pas et qui ne se seraient sûrement jamais connu, se retrouvent ensemble pour vivre une expérience inoubliable. Les premiers échanges, les premières affinités, le groupe s’organise autour d’un objectif commun, l’entraide. L’ interaction permanente et la durée limitée du raid implique des relations sociales d’une forte intensité. On découvre les autres, leurs particularités, on apprend beaucoup d’eux et de soi-même. Il faut maintenant trouver cette cohésion, indispensable au bon fonctionnement de la vie en communauté. Et c’est le cas, si bien que l’équipe a adopté un modèle d’organisation basé sur l’autogestion. Chacun remplit une fonction définie, aidé par d’autres si besoins est. L’intérêt collectif transcende les intérêts particuliers. Tout le monde donne le meilleur de lui-même pour le groupe. L’ensemble des actions est orienté dans une seule et même direction, le collectif, le bien commun.
En un mot, on peut dire que c’est ça aussi la magie du raid, les relations et échanges entre individus, qui constituent la véritable richesse à disposition des humains.


La portée de caddie

La montée des sacs

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