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La Grande Dame des Andes" : l'actualité |
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Édito:
Que de courage
Un
an de préparation en Normandie, sur les cols mythiques
des Hautes Alpes et du Paris-Roubaix, je leur ai souvent dit que
ce serait dur à cause du terrain de la Grande dame, mais
autant de courage! Cela a commencé par des pluies diluviennes,
de la boue, les dents ont claqué, poursuivi par des terrains
à plus de 20% de pente, sur des pistes caillouteuses, pour
continuer sur ces mêmes pistes avec une chaleur de plus
de 30°C, et toujours l’émerveillement dans leurs
yeux, un mental à toute épreuve, et une curiosité
de découverte illimitée. Il ne faut pas oublier
que lorsque l’on fait 10 km sur une piste aussi dure, cela
équivaut à 30 km sur une route. Le courage il en
faut, car ce ne sont que vibrations dans tout le corps, et cela
on ne s’y était pas préparé.
Cette première semaine est pour moi le symbole du courage
et de l’admiration que j’ai envers mes raideurs, mais
aussi envers l’équipe. Certes, il nous reste à
nous améliorer dans l’intendance, mais le courage
étant là, je suis persuadé que tous ensemble
nous nous améliorerons pour être digne de la Grande
Dame des Andes.
Tous
ensemble dans l’effort |
Les
rayons seront-ils plus forts que la pluie ? |
La chaleur du volcan se confond avec celle des corps
Jeudi
11 mars

Un
taxi peu ordinaire |
Alors
que Lionel termine l’étape de 100km qui le
mènera à Melipeuco, Léna et les raideurs
se renseignent auprès de la police municipale qui
leur indique un campement. |
Le
spectacle est grandiose : le volcan Llaina accueille les
raideurs à ses pieds, c’est sa façon
à lui de leur souhaiter la bienvenue. |

Le réveil du volcan
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Campement dans une petite ville au grand cœur
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Les
habitants de Melipeuco, l’une des villes les plus
pauvres du Chili, s’empressent de mettre à
la disposition de l’équipe toute leur bonne
volonté. Les enfants courent chercher le bois qui
servira au barbecue, aident à monter le campement,
tandis que les habitants ouvrent les portes de leur maison
pour que l’équipe puisse recharger les batteries
des ordinateurs et des caméras.
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Il est 22h, Lionel arrive au campement
après avoir parcouru 170 km dont seulement 60 km de route.
Ses fesses sont tuméfiées, il a passé les
70 derniers kilomètres en danseuse.
Vendredi
12 mars
A
7h30, le couple chilien qui a permis à Lionel de prendre
une douche la veille et de disposer de leurs sources d’électricité,
amène du pain chaud à toute l’équipe.
Ils sont aux fourneaux depuis 5h du matin pour faire plaisir aux
raideurs.
Il
est 8h30, le volcan attire les raideurs, mais ils savent pertinemment
que l’étape sera particulièrement redoutable.
Ils parcourent 30km de montée, mais la Grande Dame leur
est hostile : ce ne sont que des cailloux non tassés. Ils
risquent en permanence de perdre l’équilibre, ce
sont de véritables funambules. Les pourcentages sont élevés,
plus de 10 de moyenne, et les petits braquets sont de mises :
30 dents devant, dix-huit derrière.
A
en perdre l’équilibre
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Les
cailloux se dérobent
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Se
surpasser
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Comme
pour être à la hauteur des paysages, la chaleur elle
aussi s’est invité. Les raideurs sont passés
de 10°C à 30°C en l’espace de quelques heures.
Malgré la volonté et l’obstination des raideurs,
les compagnons ne parviennent pas au terme des 30 km de montée.
Les 8 derniers kilomètres sont impraticables, les roues
n’ont aucune adhérence, elles s’enfoncent.
Il faut renoncer.
Quand
les roues ne suffisent plus
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La
récupération dans la réflexion
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Dépasser
la fatigue
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L’Albertomobile
les emmène jusqu’à l’asphalte 13 km
plus loin. Après avoir repris des forces au bord d’une
rivière, ils filent vers Temuco à plus de 30 km/h
de moyenne, terme de la première partie de la Grande Dame
des Andes dans le sud. L’Albertomobile les conduira à
Santiago par la Panaméricaine, 980 km plus loin, car il
n’existe plus de route qui soit praticable à la fois
par le bus et par les vélos. Toute l’équipe,
comme les compagnons et l’Albertomobile, vont se refaire
une santé bien méritée dans la capitale chilienne,
et se préparer au retour dans la Grande Dame des Andes
le lendemain.
Impressions
des raideurs :
Aymeric
:
« C’est aujourd’hui que j’ai éprouvé
les premières grandes difficultés. Je pensais pas
que j’allais devoir mettre le pied à terre, et sur
cette étape j’ai dû le mettre à plusieurs
reprises. Avant le raid, je pensais que mettre le pied à
terre aurait des incidences sur mon moral, mais les difficultés
étaient telles qu’au contraire, j’avais le
courage pour repartir. Après la piste on a roulé
en relais, et c’était vraiment bien parce qu’on
a vraiment roulé pour l’équipe. Lorsqu’on
a eu le vent de face, on est passé de 30 km/h à
25 km/h, et le fait de rouler en équipe nous a permis de
moins ressentir la fatigue. Par contre on pouvait moins apprécier
le paysage, alors quand le vent s’est calmé, on a
pris des relais moins souvent pour pouvoir profiter du cadre dans
lequel on roulait. On a fait plus de kilomètres que ce
qui était prévu, et ça c’est une grande
satisfaction. »
Joël
:
« L’étape était très difficile
du fait des cailloux. On avait l’impression de rouler sur
les pavés d’Etretat ; on patine, on fait du sur place.
En plus de ça il y a les montées, la chaleur. Pour
moi c’est l’étape la plus difficile de la Cordillère
jusqu’à présent. Il y a eu plusieurs chutes,
on a dû mettre le pied à terre. C’était
nécessaire de faire une pause avant de repartir. C’est
vrai aussi que le cadre était magnifique : devant un volcan
en activité, et que la baignade dans la rivière
était vraiment agréable. J’ai été
sincèrement surpris de la performance de Marcel. Il en
veut, il y va. Il doit souffrir pourtant, mais on ne l’entend
jamais. C’est pour moi un des raideurs les plus remarquables.
»
Bilan de ces sept jours de raid à vélo :
Les
raideurs ont parcouru 398 km, et Lionel 705 km.
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