" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

 14 mars 2004

 

Édito: Que de courage

Un an de préparation en Normandie, sur les cols mythiques des Hautes Alpes et du Paris-Roubaix, je leur ai souvent dit que ce serait dur à cause du terrain de la Grande dame, mais autant de courage! Cela a commencé par des pluies diluviennes, de la boue, les dents ont claqué, poursuivi par des terrains à plus de 20% de pente, sur des pistes caillouteuses, pour continuer sur ces mêmes pistes avec une chaleur de plus de 30°C, et toujours l’émerveillement dans leurs yeux, un mental à toute épreuve, et une curiosité de découverte illimitée. Il ne faut pas oublier que lorsque l’on fait 10 km sur une piste aussi dure, cela équivaut à 30 km sur une route. Le courage il en faut, car ce ne sont que vibrations dans tout le corps, et cela on ne s’y était pas préparé.
Cette première semaine est pour moi le symbole du courage et de l’admiration que j’ai envers mes raideurs, mais aussi envers l’équipe. Certes, il nous reste à nous améliorer dans l’intendance, mais le courage étant là, je suis persuadé que tous ensemble nous nous améliorerons pour être digne de la Grande Dame des Andes.


Tous ensemble dans l’effort

Les rayons seront-ils plus forts que la pluie ?


La chaleur du volcan se confond avec celle des corps

Jeudi 11 mars


Un taxi peu ordinaire
Alors que Lionel termine l’étape de 100km qui le mènera à Melipeuco, Léna et les raideurs se renseignent auprès de la police municipale qui leur indique un campement.
Le spectacle est grandiose : le volcan Llaina accueille les raideurs à ses pieds, c’est sa façon à lui de leur souhaiter la bienvenue.

Le réveil du volcan


Campement dans une petite ville au grand cœur

Les habitants de Melipeuco, l’une des villes les plus pauvres du Chili, s’empressent de mettre à la disposition de l’équipe toute leur bonne volonté. Les enfants courent chercher le bois qui servira au barbecue, aident à monter le campement, tandis que les habitants ouvrent les portes de leur maison pour que l’équipe puisse recharger les batteries des ordinateurs et des caméras.

 

Il est 22h, Lionel arrive au campement après avoir parcouru 170 km dont seulement 60 km de route. Ses fesses sont tuméfiées, il a passé les 70 derniers kilomètres en danseuse.

Vendredi 12 mars

A 7h30, le couple chilien qui a permis à Lionel de prendre une douche la veille et de disposer de leurs sources d’électricité, amène du pain chaud à toute l’équipe. Ils sont aux fourneaux depuis 5h du matin pour faire plaisir aux raideurs.

Il est 8h30, le volcan attire les raideurs, mais ils savent pertinemment que l’étape sera particulièrement redoutable. Ils parcourent 30km de montée, mais la Grande Dame leur est hostile : ce ne sont que des cailloux non tassés. Ils risquent en permanence de perdre l’équilibre, ce sont de véritables funambules. Les pourcentages sont élevés, plus de 10 de moyenne, et les petits braquets sont de mises : 30 dents devant, dix-huit derrière.


A en perdre l’équilibre

Les cailloux se dérobent

Se surpasser

Comme pour être à la hauteur des paysages, la chaleur elle aussi s’est invité. Les raideurs sont passés de 10°C à 30°C en l’espace de quelques heures. Malgré la volonté et l’obstination des raideurs, les compagnons ne parviennent pas au terme des 30 km de montée. Les 8 derniers kilomètres sont impraticables, les roues n’ont aucune adhérence, elles s’enfoncent. Il faut renoncer.


Quand les roues ne suffisent plus

La récupération dans la réflexion

Dépasser la fatigue

L’Albertomobile les emmène jusqu’à l’asphalte 13 km plus loin. Après avoir repris des forces au bord d’une rivière, ils filent vers Temuco à plus de 30 km/h de moyenne, terme de la première partie de la Grande Dame des Andes dans le sud. L’Albertomobile les conduira à Santiago par la Panaméricaine, 980 km plus loin, car il n’existe plus de route qui soit praticable à la fois par le bus et par les vélos. Toute l’équipe, comme les compagnons et l’Albertomobile, vont se refaire une santé bien méritée dans la capitale chilienne, et se préparer au retour dans la Grande Dame des Andes le lendemain.

Impressions des raideurs :

Aymeric :
« C’est aujourd’hui que j’ai éprouvé les premières grandes difficultés. Je pensais pas que j’allais devoir mettre le pied à terre, et sur cette étape j’ai dû le mettre à plusieurs reprises. Avant le raid, je pensais que mettre le pied à terre aurait des incidences sur mon moral, mais les difficultés étaient telles qu’au contraire, j’avais le courage pour repartir. Après la piste on a roulé en relais, et c’était vraiment bien parce qu’on a vraiment roulé pour l’équipe. Lorsqu’on a eu le vent de face, on est passé de 30 km/h à 25 km/h, et le fait de rouler en équipe nous a permis de moins ressentir la fatigue. Par contre on pouvait moins apprécier le paysage, alors quand le vent s’est calmé, on a pris des relais moins souvent pour pouvoir profiter du cadre dans lequel on roulait. On a fait plus de kilomètres que ce qui était prévu, et ça c’est une grande satisfaction. »

Joël :
« L’étape était très difficile du fait des cailloux. On avait l’impression de rouler sur les pavés d’Etretat ; on patine, on fait du sur place. En plus de ça il y a les montées, la chaleur. Pour moi c’est l’étape la plus difficile de la Cordillère jusqu’à présent. Il y a eu plusieurs chutes, on a dû mettre le pied à terre. C’était nécessaire de faire une pause avant de repartir. C’est vrai aussi que le cadre était magnifique : devant un volcan en activité, et que la baignade dans la rivière était vraiment agréable. J’ai été sincèrement surpris de la performance de Marcel. Il en veut, il y va. Il doit souffrir pourtant, mais on ne l’entend jamais. C’est pour moi un des raideurs les plus remarquables. »


Bilan de ces sept jours de raid à vélo :

Les raideurs ont parcouru 398 km, et Lionel 705 km.

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