Samedi
6 mars, Entre Lagos
Il est 10h, les raideurs quittent le campement. La générosité
des villageois qui les ont accueillis pour la nuit fait
gonfler leur cœur et leurs muscles.
A
l’attaque ! Cette fois, les raideurs parcourent
55 km sur des pistes caillouteuses, enjambent des ponts
de bois le regard décidé. Les vibrations
dues au terrain escarpé provoquent les premiers
frottements : les mains rougissent, s’écorchent;
les fesses s’échauffent, se contractent.
Les cailloux cèdent le passage aux compagnons dans
un fracas énorme, et se transforment en projectiles
qui viennent frapper les jambes des raideurs.

Ça donne envie !
Il
est 16h, les raideurs descendent de leur monture. Une
étincelle illumine leurs visages, ils commentent
:
Pascal
: « Jusqu’au quarantième kilomètre,
je réagissais à des détails externes.
Mais pendant les 10 derniers kilomètres, la fatigue,
la difficulté du terrain très caillouteux
m’ont recentré sur la conduite, ramené
à ce que je suis vraiment venu faire au Chili.
Au cinquantième kilomètre, c’était
suffisant pour une première sortie. »
Marcel
: « A part le Paris-Roubaix, c’est la première
fois que j’enchaîne deux jours consécutifs
sur des pistes caillouteuses. Il fallait faire attention
à bien tenir l’équilibre sur le vélo,
parce que j’avais des crampes dans les doigts et
des vibrations dans les bras. »
L’équipe
s’arrête déjeuner dans un village fruité
qui surplombe un vaste lac.
Self-service
|
Lionel
dépasse le maillot jaune ! |
Lionel,
lui, ne s’est pas arrêté. Son compagnon,
avide de terres nouvelles, l’emmène toujours
plus avant. Pendant 135 km, Lionel et son compagnon ne
forment plus qu’un, ils partagent leurs efforts
pour mieux se donner à la Grande Dame. Le ciel,
comme jaloux que les roues lui préfèrent
sa sœur la terre, redouble d’averses violentes
et répétées. Il pleut tellement que
la roue arrière ripe. Les quinze derniers kilomètres,
des pentes à 20%, obligent Lionel à intensifier
ses efforts.
Plus
fort que l’effort |
L’effort
récompensé |
Il
est 20h, Lionel retrouve l’équipe à
Llifen. A quelques kilomètres, un lac les invite
à planter les tentes dans un cadre enchanteur.
C’est la pleine lune, elle a chargé une étoile
de veiller sur les raideurs.

Le
paysage donne des mollets