" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

 08 mars 2004

Les premiers tours de roue



Premier tour de roues pour les raideurs comme pour l’Albertomobile prête à aller aux devants de la Grande dame des Andes, et ce malgré les difficultés.

Jeudi 4 mars

A défaut de lac, et contrairement à ce qui était initialement prévu, les raideurs ont passé la nuit de jeudi à vendredi au bord d’un torrent. Avec le volcan Tromador, «star » du Parc « Nacional Vicente Perez Rosales » en toile de fond.


Thomas le benjamin et Marcel l’aîné du groupe, entre eux ça gaz !

.Au Chili, l’été tire à sa fin, mais la neige éternelle recouvre toujours le sommet de sa majesté, 3400 mètres plus haut. Pour autant, le groupe n’a pas perdu au change : le cadre est somptueux, et l’effet encore renforcé par la pleine lune. Le vrai premier bivouac est de bon augure. Tous sont dans le vif du sujet, et quand bien même quelques tâches restent à faire, afin de faciliter la suite du raid, du moins sur le plan logistique. Mac Gyver n’a qu’à bien se tenir ! La galerie de leur autocar est en effet surmontée d’un coffre « fait maison ». Quatre planches de bois, une dizaine de mètres de fil de fer, une poignée de clous, et le tour est joué.


Illusion d’optique, la galerie du bus n’est pas à la hauteur du volcan Tromador

L’eau courante ou presque

Premier repas pris dans le cadre d’un bivouac

Pendant ce temps, les autres raideurs ont monté les tentes et préparé le repas. Le premier pris en condition réelle. La nuit s’annonce somptueuse. Elle sera courte aussi. Plus que prévu pour tout dire, car la météo change vite en zone montagneuse. Vers trois heures du matin, de violentes rafales de vent emportent les double-toits des tentes. Rien à faire, il faut bien s’extirper des sacs de couchage et reconstruire le bivouac. Les premières gouttes de pluie finiront de convaincre les plus réticents. Pour ne pas dire les plus frileux.


Le vent a soufflé fort, la preuve !

Vendredi 5 mars.

Cela n’empêche pas Lionel de réveiller ses troupes à 7 heures. La journée est forte en symboles, puisque c’est ce vendredi que débute réellement le rendez-vous prévu depuis plus d’une année avec la Grande Dame des Andes. Pas conviée à partager ce moment aussi privilégié qu’intimiste, la pluie s’est néanmoins invitée. Les plus courageux étaient à peine revenus d’un bain pris dans le torrent (quelle salle de bain !), les tentes venaient juste d’être repliées dans les sacs, la vaisselle du petit déjeuner n’eût pas le temps de sécher au grand air que le vent a laissé la place à des averses diluviennes.


Proverbe chilien : pluie du matin vaut un bain

Non il n’y a pas l’eau courante dans le bus, juste une bonne averse

Pas question d’attendre à l’abri de l’Albertomobile : exigeante, la Grande Dame n’apprécierait guère qu’ils la fassent attendre. Trempés jusqu’aux os, les raideurs et leurs amis termineront, chacun de leur côté, les missions définies la veille.
Il est décidé d’entrer dans le vif du sujet à quelques kilomètres de là, à un jet de pierre du Laguna Verde (Lac vert). La très forte concentration d’algues profèrent à ce plan d’eau une magnifique couleur verte. Enfin, quand le temps est plus clément, ce qui n’est toujours pas le cas. Le raid commence donc officiellement sur les berges du Laguna Verde . Les raideurs ont envie d’en découdre, et quand bien même la pluie continue à tomber. Marcel résume cette impatience en quelques mots : « Pluie du matin n’arrête pas le pélerin ».


Pendant que les raideurs préparent leurs compagnons, Alberto et Victor préparent le parcours


En attendant, les pélerins en question doivent débarrasser leurs « compagnons » à deux roues de leur protection. Les vélos ont visiblement bien supporté les quelques 13 000 kilomètres qui séparent notre pays de Santiago du Chili. Joël, raideur chargé de la bonne santé des « compagnons » prend les choses en main et réassemble le kit. Deux heures seront nécessaires afin de mener l’opération de reconstruction à bien. Deux heures au cours desquelles on sent la tension monter dans les rang des raideurs. On touche du doigt ce que l’on imaginait depuis le début de la préparation sportive.
A 12h30, le top de départ est donné. Marcel, Aymeric, Pascal, Joël et Lionel partent à la rencontre de la Grande Dame, que l’on sait imprévisible, impitoyable, mais qui sait aussi se laisser courtiser par ceux et celles qui la méritent.


Ça y est, le raid de la Grande Dame des Andes est sur le départ

Les conditions de la première «étape» sont particulièrement difficiles

Nos amis chargés de la photo et du film savent eux aussi que les choses sérieuses commencent. Conduit par Alberto et Victor (à tour de rôle rassurez-vous), le bus suit, se met à la hauteur ou double les raideurs, à la demande de ces pros de l’image et du son. La luxuriance de la végétation indique que la pluie tombe plus souvent qu’à son tour. La boue colle aux roues des vélos et macule les maillots. Le bus suit toujours. Pas pour longtemps. Quinze kilomètres après le départ, première difficulté : des travaux sur la piste de latérite, qui plus est dans un virage en pente, stoppe le bus.
La même pente a été avalée en trois coups de pédales par les raideurs et leurs montures, lesquels filent vers leur objectif. Les efforts d’Alberto pour sortir son Mercedes de la gangue de boue restent vains. Le frein à main a beau être serré, le lourd engin recule et vient s’échouer sur le bas-côté. Pour couronner le tout, des trombes d’eau sabotent les efforts entrepris pour nous sortir de ce mauvais pas. La Grande Dame les teste visiblement. Toute leur énergie n’y fera rien : l’Albertomobile ne bougera plus d’un centimètre. Aux grands maux, les grands remèdes ! Une pelleteuse en l’occurrence, mise là par la providence.


La côte est insurmontable pour l’Albertomobile, seule une pelleteuse pourra le tirer de cemauvais pas.

L’engin de chantier a donc été appelé à la rescousse. A deux reprises, la chaîne qui relie l’avant du bus à la pelleteuse va rompre. Mais centimètre par centimètre, le premier progresse pour finalement atteindre le haut de ce raidillon de quelques dizaines de mètres. Pour les plus hauts sommets des Andes, on verra plus tard…
Les raideurs, partis devant, connaissent eux aussi leur première mésaventure. En situation normale, une roue crevée constitue un banal incident de parcours. Le bus eût été à proximité, Pascal pouvait reprendre son chemin une fois sa roue changée. Mais de bus, point ! Stoppant une voiture sur la piste, Lionel décide d’aller à la rencontre du bas suiveur, pressentant un souci. Ce n’est en fait que plus d’une heure après la crevaison de Pascal que les retrouvailles purent avoir lieu. Toutefois, la pluie glaciale avait refroidi les corps et les muscles des raideurs, à défaut de leurs ardeurs.


20 km après le départ, les raideurs sont stoppés par une crevaison alors que le bus est toujours embourbé.

Le principe de précaution s’applique aussi au vélo. Préférant éviter tout problème de santé, notamment musculaire qui auraient pu mettre en péril la suite du raid, Lionel a en effet décidé de stopper cette première journée de vélo après 25 km seulement. Déçus, quoique convaincus du bien-fondé de cette décision, les quatre compagnons de route de Lionel sont allés se refaire une santé à l’abri du vent et des averses, sur les sièges de l’Albertomobile.
Le chemin n’a pas été long pour trouver le site du bivouac, à Entre Lagos dans une pâture prêtée par un très modeste agriculteur. Comme l’Afrique, l’Amérique du Sud nous donne une belle leçon de solidarité. Ici, on accueille les gens, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, sans se poser de question, ni a priori. Tout simplement parce que c’est dans la nature des choses. A méditer…


Bivouac du soir à Entre Lagos, Lionel et Marcel aux fourneaux

 

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