" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

 08 janvier 2004

 

Les raiders font le point après un an de travail (3) : Pascal

 

L'appel à candidature a paru au journal le 15 novembre 2002, j'ai envoyé la mienne le même jour. Je voulais lâcher prise avec les habitudes de tous les jours, me lancer un défi et par-là aussi montrer à mes enfants, Antoine et Paul, un exemple de ténacité, de volonté et de persévérance. Quand on m'a expliqué l'entraide, j'ai roulé aussi pour les autres. Lionel me disait récemment : « - ça y 'est, on a plus de 15 000 Euros à offrir à l'association Hogar de Cristo ! Ce qui m'a touché, c'est quand il a rajouté : «  - rends toi compte, on leur en donne pour cinq ans puisque leur budget annuel de médicaments est de 3 000 Euros ! ».
Egalement c'est l'espoir pour les jeunes. Je suis allé à l'école primaire à la Ferrière Harang, j'irai à celle de Paul Nicolle à Vire, nous sommes tous allés au collège Jean Moulin de Salon-de-Provence ; j'ai senti l'engouement des enfants des adolescents, vu la joie, la curiosité, l'enthousiasme, le rêve, l'envie d'en faire autant pour certains plus tard .

Au début j'ai commencé sur le vélo tout terrain d’ Antoine puis, et le home traîner dans mon garage. Je doutais beaucoup de mes capacités, prenais mille précautions pour ma petite personne avant de partir rouler. La première sortie de groupe fut à Rouen en l'absence de Lionel. Il y avait du verglas, j'avais des gants d'été. Joël m'a dépanné. Un froid terrible pour cette sortie là. Et puis est entré en scène le bras droit de Lionel, Marcel ! Avec lui pour 40 km, je n'arrivais pas à pédaler debout, même pour les petits raidillons. Et Marcel qui continuait la conversation dans les côtes...Se doutait-il que j'étais asphyxié, qu'il m'en manquait pour respirer..? Alors pour parler... Après sont venus les stages. Le premier à Vire. Repas de pâtes autour d'un feu improvisé avec un froid de canard. Souvenir de bonheur après l'effort. A chaque stage je doutais de mes capacités. Après j'étais regonflé à bloc.

 

Et puis il y a eu le stage d'une semaine dans les Hautes-Alpes en juin. Paysages magnifiques. Redécouverts à vélo. Une étape clé de l'entraînement. En pleine canicule des cols mythiques comme l'Izoard, le Galibier, le Lautaret ou encore le Noyer. Les premiers jours furent très durs. Beaucoup de fatigue car il fallait aussi s'occuper de l'intendance, de l'entretien des vélos, de l'Internet... Ce passage dans les montagnes a confirmé que l'entraînement commençait à payer ( 18 cols, 700 km en 7 jours ). Un cap était passé. Avec du recul et à l'approche du départ, ces stages apparaissent véritablement essentiels pour le raid, formateurs, pour soi, pour le groupe.

 

Et dans tout ça il y a Lionel. Une présence forte, partout, tout le temps. Une expérience et une intuition. Il est exigent et pressé. Il faut lui faire confiance ou ça ne fonctionne pas. Il faut faire ses preuves avec Lionel. Les occasions n'ont pas manqué. Maintenant on se connaît et ça roule. Au milieu et tout le temps il y a le compagnon. Le vélo. Sensations d'enfance qui remontent. Rouler par sa seule énergie. Libre. C'est extraordinaire en réalité. Pensées pour tous ceux alités, malades, empêchés... En septembre sont arrivées les soirées dansantes pour l'entraide. Comme pour la vente des tee shirts, il fallait oser. La vente des tee shirts sur le marché un dimanche, aux vides greniers des campagnes, aux manifestations sportives, aux copains, aux collègues de travail, aux amis, à la famille ; il fallait répéter sans cesse l’action. Le côté formidable, c'est la confiance des gens - à proportion plus souvent des peu fortunés que des plus aisés - qui donnent ou achètent pour d'autres plus malheureux encore. Moments très très riches et parfois émouvants. Oser aussi pour les soirées. Entrer dans les magasins des commerçants, frapper aux portes de gens de milieux différents, quelquefois intimidants, convaincre souvent rapidement. Dans ces moments là, une seule condition, mais impérative : croire sincèrement, avec son cœur, à l'action d'entraide.


 

Que de temps passé, d'incertitudes, d'espoirs jusqu'au dernier moment pour la soirée à Vire. On se téléphonait plusieurs fois par jour avec Lionel. Aujourd'hui je sens le raid possible. Voilà. Un grand merci aux membres des « Amis du monde » pour le lourd travail réalisé dans l'ombre, Joëlle, Delphine, Christelle, également à Jean François, à Anne Sophie, aux amis qui ont aidé. A tous, Amitiés. Merci à Frédérique. Pensées affectueuses pour Antoine, Paul, mes sœurs, ma maman.

Pascal

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