" La Grande Dame des Andes" : l'actualité

Actualité

 

 

STAGE DANS LES HAUTES-ALPES


Vendredi 6 juin
C’est la première fois que tous les raiders partent si loin de leur région. Heureux d’aller discuter avec la grande Dame des Alpes (la montagne). Impatience, fébrilité, appréhension… Toutes ces questions trouveront une réponse pendant ce stage. Esprit de groupe, charge de travail physique et mentale seront leur quotidien avec le plaisir de voir des paysages et de faire des rencontres. Il est un peu plus de 23 heures lorsque la Marcelmobile et sa nouvelle compagne, la remorque, prennent la route.

La nouvelle compagne de la Marcelmobil et de nos compagnons.


Samedi 7 Juin

Il est 9 heures du matin lorsqu’ils tutoient la Grande Dame des Alpes. Il leur reste un peu plus de 200 km pour arriver au sud du département des Hautes Alpes à Rosans. Les têtes bien lourdes par le manque de sommeil, le corps engourdi ; après un bon café, ils ont hâte d’y être.


Il leur faudra subir une bonne heure de bouchon. Les seuls qui étaient prêts à en découdre c’étaient leurs compagnons (les vélos). Malheureusement, ils sont interdits d’autoroute. À partir de Nyons, les premiers les accompagnent. Sous prétexte de se dégourdir les jambes, ils se précipitent sur les cerisiers. Il est 13 heures 30 lorsque Frédéric PINET et sa famille les accueillent.

le camp à Rosans Montage du campement.

 

Pendant ce temps, Lionel est parti monter le col de Pommerol. Un moment de détente, une tête dans la piscine, mais Lionel leur a conseillé de n’y rester que quelques minutes pour éviter de ramollir les muscles avant de monter les cols.

moment de détente avant de se mesurer à la grande dame des Alpes


Chargés en sucres lents (bolée de pâtes) il est 17 heures lorsque tous les raiders partent à l’entraînement. Au départ, 8 km de descente, soudain Lionel demande au groupe de ralentir, de changer de plateau. Ils passent d’environ 40 km/h à moins de 10 km/h au premier raidillon du col. Là, premier incident. Christophe ne respecte pas l’esprit de groupe. Il est parti à vive allure. Lionel lui demande de s’arrêter, il n’obtempère pas. Arrivé en haut du col, Lionel lui demande de retourner à Rosans, ce qui ne se fit pas sans un certain dédain de la part de Christophe. Pourquoi cette altercation ? C’est tout l’esprit du groupe qui doit être mis en valeur. C’est le premier col et d’eux-mêmes les plus forts doivent rassurer les plus faibles. Et quand ils le sont, alors à ce moment-là le groupe peut se séparer et chacun rouler à son allure.

les incertitudes du premier col surmontées


Après 7 km de montée, les visages se sont apaisés, l’appréhension s’est transformée en joie, j’y suis arrivé ". Quand on pense qu’ils l’ont monté en 45 minutes et descendu en 10 … Ils sont dans la vallée pendant 30 km, vent de trois quarts, lorsqu’ils aperçoivent la pancarte " le col de Pommerol "


ainsi ils ont traversé Rémuzat, La Motte Chalencon…15 km de montée. Pendant les 5 km c’est un long plat à 4 pour cent. Ce n’est qu’après qu’ils montent par paliers. Ils sont entourés d’arbres fruitiers. L’orage grondait. Après 65 km, ils sont tous ravis de leur première journée. Lionel lui le remontera encore une fois et terminera sous l’orage. Il est 22 heures lorsque nous dînons, invités par Geneviève, l’épouse de Frédéric et toute sa famille.

Lionel avec ses amis Frédéric et Geneviève


Heureusement qu’elle n’avait rien à manger. À minuit deux, tout le monde s’est endormi profondément.


Dimanche 8 juin

7heures. Le camp s’éveille. Lionel part à vélo à GAP (73 km de ROSANS). Marcel, comme à son habitude, se lève de bonne heure et prépare le café. Lionel donne rendez vous à tout le monde à 13 heures du côté de SERRES (à 22 km de ROSANS ). Réglages des vélos, approvisionnements occuperont la matinée.
Aujourd’hui il fait plus de 30 degrés. Il est 13 heures 45 lorsqu’ils franchissent le 1er col (de SAULCE)


suivi d’une longue descente lorsque Lionel les rejoint. Ils attaquent le deuxième col (des Tourettes)


de 3,5 kilomètres. L’asphalte est tout neuf ce qui assure un rendement maximum. Un arrêt de quelques minutes est la bienvenue pour le remplissage des bidons à une source bien fraîche. Attention l’eau très froide provoque des dérangements intestinaux. C’est une longue descente de plus de 30 kilomètres dans une vallée magnifique. La senteur du thym et de la lavande les encense.
Lorsque à nouveau ils ont rendez-vous avec le col de Pommerol. Le décor est toujours aussi grandiose. À la différence que la température est nettement plus élevée. En effet, les rayons du soleil chauffent fortement la roche, la réverbération de la chaleur s’élève à + 40°.

 

Christelle et la roche chauffante
ça chauffe toujours



Toute l’équipe l’ont bien tutoyé.
En haut du col toute l’équipe est satisfaite de ses performances. Christelle et Aymeric entament une conversation avec un couple d’allemand et leur fille (Helmut, Dorothée et Sonia) de Stuttgart, ils échangent leurs impressions sur la montée du col et les invitent à prendre la collation. Ils leur présentent le raid et ces amis allemands enchantés, solidaires leur achètent 2 T-Shirts.

Il est 16 heures après 62 kilomètres et plus de 160 pour Lionel tout le monde a apprécié la collation et l’eau à 28 ° de la piscine.

Lundi 9 juin
Il est 6 heures lorsque Lionel réveille le campement. Contrairement à ce qu’ils auraient pu imaginer, ce ne sont pas les courbatures qui font mal mais c’est plutôt de laisser la famille PINET. Imaginez 8 personnes débarquées à l’improviste chez vous. On s’attache vite à Valentin


Il y a aussi Marie, le cœur sur la main. Et Geneviève : " J’ai plus grand chose à manger " Excusez du peu : salade, gratin Dauphinois, rôti de porc et de bœuf. Et Marie avait préparé un gâteau de pommes. Bah… pour quelqu’un qui n’avait rien à offrir manger… On comprend aussi que l’accueil et la générosité sont les valeurs de cette famille. Il est 7 heures 30 lorsque, pour la première fois, les raiders mangent des pâtes à la confiture au petit-déjeuner.

Pâtes à la confiture, au beurre ou à la sauce tomate


Il est 9 heures du matin lorsque les " au revoir " sont chaleur eux et nostalgiques. Frédéric PINET les retrouvera jeudi à Gap au Comité Départemental du Tourisme des Hautes-Alpes puisqu’il en est le Président.
Et c’est jeudi également qu’aura lieu la conférence de presse.
Qu’elle charge de travail aujourd’hui ?
La température est de 24 degrés à 9 heures. Elle dépassera les 35 à 14 heures. Ils sont attendus par le maire de Saint Etienne en Dévoluy (Jean-- Marie Bernard) vers 13 heures 30. Ils montent le 1er col de la Saulce, direction Serres, puis Veynes au bout de 45 km à vive allure. Là ils tournent à gauche. Il y a 18 km de faux plat. Juste après le franchissement du tunnel, ce faux plat devient nettement plus pentu. Et quelques km plus loin, ils sont dans le col de Festre. Ils enchaînent avec le col de Rioupes 1430 mètres.
C’est à l’entrée au pied du village de Saint Etienne en Dévoluy que monsieur le maire nous accueille. Il nous invite au camping municipal. Lionel présente toute l’équipe ainsi que le parcours de la Grande Dame des Andes dessiné sur la Marcelmobile.

Présentation de toute l’équipe au maire de Saint Etienne-en-Dévoluy


Rappelons que Saint Etienne en Dévoluy est partenaire de l’action d’entraide. Des jeunes artistes de l’agglomération rouennaise viendront fin juillet avec Marcel et Lionel réaliser des fresques sur les murs. L’argent récolté servira à financer l’opération d’entr’aide à Arica.
Après le départ, pendant la collation, Lionel demande à toute l’équipe de le rejoindre en montant le col du Noyer.


Quel spectacle !


Donc, ils avaient déjà roulé 75 km, monté 3 cols. Pourquoi Lionel leur fait il monter un col supplémentaire ?
C’est simplement pour habituer le corps à répondre à des charges de travail imprévues. Explication : si le raid prend du retard, il faudra rouler par moments nuit et jour. Donc il faut habituer le corps à y répondre.
Il part avec Joël monter le col du Noyer dans les deux sens. Montée côté Dévoluy à des pourcentages supérieurs à 6, puis descente rapide du Noyer et remontée par la vallée du Bas Champsaur (beaucoup plus difficile encore).
Bilan de la journée 87 km, 4 cols montés pour les raiders. Joël 7 cols, 128 km. Quant à Lionel, il a remonté la montée de Super Dévoluy, 8 cols, 160 km.
Toute l’équipe est comblée par sa journée car le paysage est verdoyant, lunaire, selon la position du soleil, les lumières sont très colorées. Nous prenons notre dîner en face de la Grande Dame. Quel spectacle !

Le plaisir des yeux et de la bouche


Anecdote :
Au sommet du col du Noyer, un coup de klaxon. Les vitres s’ouvrent : " - vous êtes bien heu… - Oui je suis bien Lionel Groult. – Ha, bah nous sommes du village Blacqueville dans le pays Cauchois (village ou les parents de Lionel avaient une petite ferme, il y a passé une partie de son enfance) ". Moments émouvants. Tout le monde a décidé de se retrouver à la ferme de Philippe agriculteur – pour y faire un stage. Pascal s’exclame : " incroyable comme le monde est petit"

Retrouvailles au Col du Noyer


LES IMPRESSIONS DU GROUPE :
Bonnes sensations malgré la fatigue. Les paysages nous aident à trouver des ressources pour grimper les cols. Le groupe devient de plus en plus solidaire dans l’effort collectif. Nous avons pu mesurer les progrès en 6 mois. Le travail commence à payer. Quel accueil de la part de nos partenaires, de la population alpine ainsi que touristique.


Mardi 10 juin
Le Dévoluy a saisi les raideurs d’une petite fraîcheur. Il est 6h45 lorsque Lionel réveille le campement. La nuit fut réparatrice. Les yeux encore émerveillés de la vallée, l’appréhension avait laissé place à la joie. Avoir franchi quatre cols la veille –excusez du peu- finir par le col du Noyer, prendre son petit-déjeuner et murmurer son plaisir est une immense satisfaction.
Il est 09 heures lorsqu’ils se rendent à l’école primaire pour se présenter et parler du chantier d’entraide.

Présentation de toute l’équipe au maire de Saint Etienne en Devoluy


À 10h30, direction Gap où Lionel à rendez-vous au comité départemental de tourisme pour préparer la conférence de presse.
Pendant ce temps, l’équipe s’affère à aller faire les courses.
À 13 heures, au menu : sandwich, jambon et pêches.
Il est 13h30 lorsque les raideurs montent sur leurs compagnons. Il fait plus de 32° pour une étape qui les mène de Gap à Briançon (110 kilomètres). Même si ce n’est pas des cols, ça monte pour aller au lac de Serre Ponçon ! Spectacle magnifique, mais ça fait mal aux jambes.

Le lac de Serre Ponçon

 

La Durance


La montée d’Embrun à + de 9 % avec une circulation dense et une chaleur de 35 ° fut particulièrement difficile.
Ils ont rendez-vous avec Jean-Michel, le raideur Haut-Alpin à L’Argentière la Bessée. C’est la première fois qu’ils se rencontrent. Une erreur de compréhension leur a fait monter 5 km dont un passage à 12 %. Tout le monde s’est retrouvé dans la ville où la Direction Départementale de l’Equipement était en train de passer un enrobé. Résultat Lionel demande à Aymeric d’aller acheter un dégraissant afin de nettoyer les vélos car ils étaient pleins de goudron.
Ils sont dans le Parc National des Ecrins. Jean-Michel leur a réservé un campement (même les palaces 5 étoiles ne pourraient pas offrir un tel spectacle !)

Campement studieux


Après 15 kilomètres dans la vallée et une dernière montée de 4 kilomètres, toute cette énergie est récompensée car les paysages entre la montagne enneigée et les forêts de pins vont permettre aux raideurs de récupérer avant le grand rendez vous de la Grande Dame des Alpes : le col d’Izoard.
Lionel leur a concocté un menu de récupération : bouillon, soupe aux légumes, omelette aux champignons pomme de terre et salades.

 

Les raideurs ne s’arrêtent jamais
Préparation de la soupe

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